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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 14:35

EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON SAINT LUC 10, 38-42.

16 EME DIMANCHE ORDINAIRE. ANNEE C.

HOMELIE DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES-BIDART.

"ATTENTION!

DIEU EST DANS VOS CASSEROLES!".

Sainte Thérèse d' Avila.

Mes bien chers frères,

Notre Seigneur Jésus Christ a partagé notre condition humaine en toute chose et Il a connu une des plus belles joies humaines, celle de l' Amitié partagée avec beaucoup et particulièrement avec deux femmes : Marthe et Marie de Béthanie : Marthe l' active et Marie la paisible! Quand nous lisons attentivement l' Evangile, nous remarquons des quantités de gens qui ont aimé le Christ, qui ont recherché Son contact, Sa présence et qui, aussi, ont été aimés de Lui! N' est-ce pas bouleversant de penser que Dieu Lui même, la Seconde Personne de la Sainte Trinité, ait été et fréquenté des créatures semblables à nous, qu' Il ait eu des affections, des amitiés semblables à celles que nous connaissons parfois sur cette terre?

Marthe est une femme bien sympathique, active, dévouée, qui sait "mettre les petits plats dans les grands" surtout quand il s' agit de recevoir Jésus, mais elle supporte mal que sa sœur reste "oisive", que Marie ne lui donne pas un coup de main pour le service de leur Hôte prestigieux! Marie ne se soucie pas de l' intendance, elle veut profiter à plein du passage de Jésus, leur Ami, elle veut savourer Sa Parole, ne pas en perdre "une miette", et goûter la Présence si réconfortante de Jésus! En une courte formule, Saint Augustin dira :

"Marthe s' affairait! Marie savourait!"

"MARTHA TURBABATUR!

MARIA EPULABATUR!".

Comprenons bien, et une fois pour toutes, Jésus lorsqu' Il dit à Marthe : "Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas ôtée". Cette Parole du Seigneur n' est pas, à l' adresse de Marthe, un terrible reproche ni une condamnation mais un amical avertissement, peut-être plein d' humour mais sûrement d' amitié confiante car un véritable ami cherche toujours le bien de ses amis et c' est donc ce que fait Notre Seigneur : Il ne condamne ni ne méprise le travail de Marthe ni la chaleur de son accueil actif mais Il pointe l' énervement qu' elle semble y mettre, l' excès d' agitation; le service matériel est nécessaire, il faut bien que quelqu' un s' en occupe mais il y a parfois des choix plus judicieux ou essentiels à opérer! Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur, a compris tout de suite que la Présence et la Parole de Jésus étaient une chance à saisir immédiatement; près de son Maître et Seigneur, Marie semble Lui dire : "Je veux méditer sur Tes préceptes et contempler Tes voies. Je trouve en Tes Commandements mon plaisir, je n' oublie pas Ta Parole!" (Psaume 118, 15-16). Oui, pour Marie, la Présence du Christ dans sa maison est "plus désirable qu' une masse d' or fin" et ce qui sort de Sa bouche, Ses Paroles sont "plus savoureuses que le miel" (Psaume 18, 11). Le propos de Jésus n' est pas d' opposer les deux sœurs, de préférer l' une à l' autre : Il veut plutôt éveiller notre attention à la source profonde de notre existence, à notre manière d' être en relation avec Lui et avec les autres. Jésus rappelle à Marthe -et aussi à nous tous qui sommes embarqués dans le "tintamarre" de l' existence-, l' art de l' écoute : oui, le Seigneur a toujours quelque chose à nous dire et à nous faire découvrir!

Mes frères,

cette page d' Evangile nous interpelle, elle dit a chacun : et toi? Tu t' inquiètes et tu t' agites, parfois tu t' excites pour bien des choses : sont-elles si importantes? si vitales? N' oublie pas, chrétien, qu' il y a une "meilleure part" à choisir : celle que t' offre le Christ, celle qu' est le Christ, Sa Présence, Sa Parole! Ecoutons ici Saint Augustin nous avertir : "Le soin donné aux choses si diverses n' a qu' un temps, seul l' Amour de ce qui est unique demeure!". Ne sommes-nous pas envahis, les uns et les autres, par toutes sortes de "bruit de casseroles" qui nous empêchent d' écouter le Seigneur? Savons-nous prendre du temps pour Lui? Savons-nous fermer notre télévision, notre ordinateur, notre téléphone portable, échapper à ce qui nous divertit pour Le rencontrer? Sainte Thérèse d' Avila (+ 4 octobre 1582) affirmait, non sans humour, que la véritable expérience mystique conduit toujours de la méditation à la vie ordinaire : "Sachez -disait-elle à ses religieuses tentées d' aller somnoler devant le Saint-Sacrement- sachez que Dieu est dans vos casseroles et qu' Il vous aidera intérieurement et extérieurement!". A celui qui veut vraiment Le rencontrer, le Seigneur offre le chemin de la prière, du cœur à cœur, de la contemplation : le matin ou le soir, sur la route du marché ou du travail, dans la cuisine ou le salon, dans l' église du village ou les pieds en éventail en taquinant le goujon, à tout moment il nous est possible, comme Marie de Béthanie, de nous "asseoir" près de Lui, de Lui consacrer un peu de temps : on ne peut pas vivre comme si Dieu n' existait pas : l' intimité avec Dieu demande que nous y consacrions un peu de temps et une certaine forme de "retrait", de distance avec l' extérieur, d' isolement intérieur! Jésus n' a eu de cesse de le répéter : "Quand tu pries, ne te donne pas en spectacle... retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est Présent dans le secret... Ton Père te le revaudra" (Saint Mathieu 6, 5-6)."Le silence intérieur -disait le Pape Paul VI (+ 6 août 1978)- est nécessaire pour entendre la Parole de Dieu, pour sentir Sa Présence, pour entendre l' appel de Dieu. Aujourd' hui, notre esprit est trop tourné vers l' extérieur; les choses extérieures nous absorbent tellement que notre attention se porte avant tout sur ce qui est en dehors de nous; nous sommes presque toujours en dehors de notre cellule personnelle; nous ne savons pas méditer, nous ne savons pas prier; nous ne savons pas faire taire tout le bruit que font en nous les intérêts extérieurs, les images, les passions. Il n' y a pas dans le cœur d' espace tranquille et sacré pour la flamme de la Pentecôte... La conclusion va de soi : il faut donner à la vie intérieure sa place dans le programme de notre vie bousculée; une place privilégiée, silencieuse, pure; nous devons nous retrouver nous-mêmes pour que puisse habiter en nous l' Esprit vivifiant et sanctifiant. Sinon, comment entendrions-nous Son "témoignage"? ( Saint Jean 15, 26; Romains 8, 7)" (Pape Paul VI. Audience générale du 17 mai 1972). "La prière -disait également le Bienheureux Pape Jean-Paul II (+ 2 avril 2005)- comprend toujours, pour utiliser une expression de Saint Paul, une sorte d' enfouissement intérieur avec le Christ en Dieu : "Votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu" (Colossiens 3, 3)" (Pape Jean-Paul II. Lettre aux familles du 2 février 1994 n° 20). Ce qui compte en définitive, mes frères, c' est le degré d' Amour et de Foi qui préside à nos comportements, c' est de choisir la façon concrète dont nous allons servir à la fois Jésus et nos frères. Ici, nous penserons que cette "brave" Marthe est devenue la "Sainte Patronne des hôteliers" et nous dirons notre reconnaissance à toutes les mamans, à toutes les maîtresses de maison, à toutes les employées de maison, les aide-à-domicile, celles qui travaillent dans la restauration ou l' hôtellerie et qui se donnent de la peine pour préparer, chaque jour, les repas pour des convives ou des "employeurs" qui ne les en remercient pas assez : la "politesse du cœur", cela aussi est important! Elle est même, la politesse du cœur, bien plus grande que la politesse des manières qui nous fait prendre, parfois, des airs affectés frisant le ridicule ou le grotesque : soyons donc des "chrétiens-polis"!

Le 11 mai 1940, à l' âge de 32 ans, disparaissait au champ d' honneur, sur la frontière du Luxembourg-, Guy de Larigaudie : routier légendaire, il fut le premier à relier par automobile, la France à l' Indochine. A l' un de ses amis, Guy écrivit un jour : "Il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l' Amour du Bon Dieu que de bâtir des cathédrales... Il faut avoir le cœur tout plein de Dieu comme un fiancé a le cœur tout plein de la femme qu' il aime!... Notre vie n' est qu' une succession de gestes infimes mais qui divinisés, modèlent notre éternité... Nous créons de l' éternité dans chacun de nos actes. C' est là notre pouvoir merveilleux d' hommes" (In "Etoile au grand large". Seuil 1949 pages 12, 14 et 21).

Frères et sœurs,

imitons donc Marthe et Marie de Béthanie :

sachons donc, sans trop nous agiter ou nous inquiéter, nous approcher du Seigneur et travailler aussi au bonheur des autres :

QUE JESUS SOIT NOTRE MEILLEURE PART! QUE JESUS RESTE NOTRE MEILLEURE PART :

CETTE PART QUI, JAMAIS NE NOUS SERA ENLEVEE ET NOUS CONDUIRA A LA TABLE DE SON ROYAUME : ET CE JOUR-LA MES FRERES, EN VERITE, EN VERITE JE VOUS LE DIS PARCE QUE JESUS LUI-MÊME LE DIT (Saint Luc 12, 37)-O MERVEILLE! DEVANT NOS YEUX EBAHIS!- NOUS VERRONS NOTRE DIEU ET MAÎTRE , JESUS, "PRENDRE LA TENUE DE SERVICE, NOUS FAIRE PASSER A TABLE ET NOUS SERVIR CHACUN A NOTRE TOUR!".

Amen.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 10:12

POUR LIRE L' HOMELIE DE

MONSIEUR L' ABBE Jean-Bernard HAYET,

VEUILLEZ TAPER DANS LA CASE

"RECHERCHE" DE NOTRE BLOG

LA DATE DU : 18 JUILLET 2010.

Extrait de l' Homélie (2010) du 16 ème Dimanche :

"N' allons surtout pas opposer entre elles Marthe et Marie qui, chacune à leur manière, avec leur tempérament et leur sensibilité ne ménagent pas leur peine pour recevoir Notre Seigneur Jésus qu' elles aiment tant!...

L' Evangile ne prévoit pas les "spécialistes" ou les experts de la Charité et de l' autre côté les "spécialistes" de la prière et de la contemplation : il ne peut y avoir d' opposition entre les deux... il nous faut unifier les deux et les laisser "cohabiter" dans notre vie!...

"Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée" : "la Parole du Christ est très claire : il n' y a aucun mépris pour la vie active et encore moins pour l' hospitalité généreuse; mais il y a un rappel du fait que la seule chose vraiment nécessaire est une autre : ECOUTER LA PAROLE DU SEIGNEUR; ET LE SEIGNEUR EN CE MOMENT EST LA, PRESENT DANS LA PERSONNE DE JESUS! Tout le reste passera et nous sera enlevé, mais la Parole de Dieu est éternelle et donne un sens à nos actions quotidiennes" (Pape Benoit XVI. Angélus du 18 juillet 2010)...

Marthe et Marie ont toujours su ouvrir leur porte au Seigneur afin que, chez elles, Il Se sente chez Lui : par-delà les siècles elles nous invitent à faire de même! Sachons tendre l' oreille et plus encore le cœur à Celui qui vient frapper à la porte de notre âme, cette âme qui Lui appartient!

Sainte Marthe et Sainte Marie de Béthanie,

apprenez-nous à choisir

Jésus comme un Ami intime,

Jésus comme un Ami tendrement accueilli,

Jésus comme un Ami attentivement écouté,

Jésus comme un Ami follement aimé!

Apprenez-nous à rester toujours près de Jésus en Le faisant entrer en permanence dans "la maison de notre âme" qui Lui appartient!

ABBE JEAN-BERNARD HAYET.

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 16:16

15 ème Dimanche ordinaire. Année C.

Homélie du Dimanche 14 juillet 2013 prononcée

par monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet,

curé de la paroisse Saint Joseph des Falaises-Bidart.

EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON SAINT LUC 10, 25-37.

MES BIEN CHERS FRERES, LA PARABOLE DE L' HOMME BLESSE ET DU BON SAMARITAIN QUE NOUS VENONS D' ENTENDRE EST, NON SEULEMENT UNE DES PLUS TOUCHANTES PAGES DE L' EVANGILE MAIS AUSSI UNE DES PLUS INSTRUCTIVES ET BENEFIQUES POUR NOTRE VIE DE FOI, NOTRE VIE DE DISCIPLES DU CHRIST-JESUS.

POURQUOI AVONS-NOUS BESOIN D' ENTENDRE CETTE PARABOLE QUI A JAILLIE DU PLUS PROFOND DE L' ÂME DE NOTRE SEIGNEUR ET MAÎTRE? PARCE QUE NOUS, QUI NOUS DECLARONS CHRETIENS, NOUS AVONS CONSTAMMENT BESOIN -POUR REPRENDRE LA PRIERE D' OUVERTURE DE CETTE MESSE- DE "REPRENDRE LE BON CHEMIN", DE "REJETER CE QUI EST INDIGNE" D' UN CHRETIEN ET "DE RECHERCHER CE QUI FAIT HONNEUR" A CE BEAU NOM DE CHRETIEN!

QUE REPRESENTE L' HOMME BLESSE, DEPOUILLE, A DEMI-MORT?

CET HOMME EST LA FIGURE D' ADAM, DE TOUT LE GENRE HUMAIN EN GENERAL, DE CHAQUE PECHEUR EN PARTICULIER; CET HOMME, IL A NOS TRAITS! L' HOMME EST A DEMI-MORT, C' EST-A-DIRE EN PARTIE VIVANT ET EN PARTIE MORT : VIVANT POUR CERTAINES OEUVRES ET MORT POUR CERTAINES AUTRES. PAR LA BOUCHE DU PROPHETE JEREMIE (4, 22) LE SEIGNEUR DIT QUELQUE CHOSE DE SEMBLABLE : "MON PEUPLE EST STUPIDE, ILS NE ME CONNAISSENT PAS, CE SONT DES ENFANTS SANS REFLEXION... ILS SONT SAGES POUR FAIRE LE MAL MAIS NE SAVENT PAS FAIRE LE BIEN!". OUI, MES FRERES? TELLE EST NOTRE CONDITION TERRESTRE QUI NOUS "COLLE" A LA PEAU : INCLINATION ET FACILITE POUR LE MAL, PARESSE ET DESINVOLTURE POUR L' HONNETETE ET LENTEUR POUR NOUS AMELIORER! "JERICHO -DIRA SAINT AMBROISE- EST LA FIGURE DE CE MONDE OU, CHASSE DU PARADIS, ADAM EST DESCENDU PAR LA DECHEANCE DE SA PREVARICATION, PASSANT DE LA VIE AUX ENFERS... IL RENCONTRA DES LARRONS, LES ANGES DE LA NUIT ET DES TENEBRES QUI, PARFOIS, SE TRAVESTISSENT EN ANGES DE LUMIERE (2 Corinthiens 11, 14) MAIS NE PEUVENT S' Y TENIR" (Saint Ambroise. Commentaire de l' Evangile de Luc).

QUI DONC VIENDRA A NOTRE SECOURS?

QUI DONC S' ARRETERA PRES DE NOUS? SE PENCHERA VERS NOUS?

QUI DONC PANSERA NOS PLAIES ET NOUS OFFRIRA LE REMEDE, LA GUERISON?

C' EST LE BON SAMARITAIN!

DU HAUT DU CIEL, LE BON SAMARITAIN -COMPRENONS JESUS!- A VU NOS MISERES ET NOS MEURTRISSURES ET IL S' EST ELANCE SUR LA MEME ROUTE QUE NOUS, EN PRENANT UN CORPS ET UNE ÂME SEMBLABLES AUX NÔTRES AFIN DE NOUS ASSISTER ET DE NOUS SAUVER. OUI, LE BON ET UNIQUE SAMARITAIN DES HOMMES, C' EST LE CHRIST! PENDANT LES TRENTE TROIS ANNEES DE SA VIE MORTELLE? IL N' A PENSE QU' A NOUS, IL N' A VECU QUE POUR NOUS : PLUS GENEREUX ENCORE QUE LE SAMARITAIN DE L' EVANGILE, IL EST VENU "PAYER" POUR NOUS, IL EST VENU REPANDRE SON PROPRE SANG SUR NOS BLESSURES A L' IMAGE DE CELUI QUI PANSA LES PLAIES DU BLESSE "EN Y VERSANT DE L' HUILE ET DU VIN". L' HOMME TOMBE AUX MAINS DES BRIGANDS, C' EST VOUS, MES FRERES, C' EST MOI, C' EST CHACUN DE NOUS, DANS L' ECHEC DE NOTRE VIE MORALE ET SPIRITUELLE, DANS L' INCAPACITE D' AIMER, D' ÊTRE FIDELE, DE DONNER UN SENS A NOTRE VIE. "ET JESUS, LUI, LE PLUS ETRANGER A NOTRE MANIERE D' ETRE... SE FAIT LE PROCHAIN DE NOTRE MISERE, LA PREND SUR LUI, LA PORTE COMME IL A PORTE LA CROIX" (Père Michel Gitton). LE CHRIST NOUS A AIMES SANS AUCUN MERITE DE NOTRE PART, LE CHRIST NOUS A AIMES SANS AUCUN INTERÊT POUR LUI AU PRIX DU PLUS GRAND SACRIFICE! REGARDE ET CONTEMPLE -DIRA SAINT AUGUSTIN " LE SEIGNEUR VOULAIT SE DESIGNER DANS LA PERSONNE DE CE SAMARITAIN. SAMARITAIN EN EFFET SIGNIFIE GARDIEN; ET SI JESUS CHRIST RESSUSCITE D' ENTRE LES MORTS NE MEURT PLUS, SI LA MORT NE DOIT PLUS AVOIR D' EMPIRE SUR LUI; N' EST-IL PAS ECRIT AUSSI QUE "LE GARDIEN D' ISRAËL NE SOMMEILLE NI NE S' ENDORT?", AINSI LE SEIGNEUR S' EST RAPPROCHE DE NOUS; SI LOIN QUE FÛT L' IMMORTEL, DES MORTELS; LE JUSTE, DES PECHEURS, IL EST DESCENDU PARMI NOUS, AFIN D' EN ÊTRE AUSSI PROCHE QU' IL EN ETAIT ELOIGNE... AFIN DONC DE SE RAPPROCHER DE TOI, IL S' EST CHARGE DE TA CONDAMNATION, ET NON DE TES CRIMES... IL S' EST FAIT MORTEL COMME TOI. TOUT EN RESTANT JUSTE IL EST DEVENU MORTEL" (Saint Augustin. Sermon CLXXI : Se réjouir dans le Seigneur).

LE SAMARITAIN, OBLIGE DE CONTINUER SA ROUTE -NOUS DIT L' EVANGELISTE- CONDUISIT LE BLESSE DANS UNE AUBERGE : "IL SORTIT DEUX PIECES D' ARGENT, LES DONNA A L' AUBERGISTE, EN LUI DISANT : "PRENDS SOIN DE LUI; TOUT CE QUE TU AURAS DEPENSE EN PLUS, JE TE LE RENDRAI QUAND JE REPASSERAI". NOTRE SEIGNEUR JESUS A DÛ RETOURNER CHEZ SON PERE -MYSTERE DE SON ASCENSION GLORIEUSE!-, MAIS IL NE NOUS A PAS ABANDONNES COMME DES ORPHELINS : IL NOUS A CONFIES NON SEULEMENT A SA MERE, LA TRES SAINTE VIERGE MARIE ET AUSSI A L' EGLISE-MERE, LA GRANDE "INFIRMERIE DES ÂMES", l' EGLISE QUI EST L' HÔTELLERIE DES VOYAGEURS DE LA TERRE EN MARCHE VERS LA JERUSALEM DU CIEL! ET QUE LAISSE T-IL A SON EGLISE POUR NOUS, POUR NOTRE BIEN-ÊTRE ET POUR NOTRE SALUT? IL NOUS LAISSE SA PAROLE VIVANTE CONTENUE DANS L' EVANGILE ET SA GRÂCE DANS LES SACREMENTS! "SA PAROLE -DIRA ENCORE SAINT AMBROISE- EST UN REMEDE : TEL DE SES DISCOURS LIGATURE LES PLAIES, UN AUTRE LES FOMENTE D' HUILE, UN AUTRE Y VERSE LE VIN; IL LIGATURE LES PLAIES PAR TEL PRECEPTE PLUS AUSTERE, IL RECHAUFFE EN REMETTANT LE PECHE, IL PIQUE COMME AVEC LE VIN EN ANNONCANT LE JUGEMENT". VOILA LES DEUX TRESORS QUE LA MERE-EGLISE A RECUS DE LUI "POUR NOUS ET POUR NOTRE SALUT" ET QUI SONT SIGNIFIES PAR LES DEUX PIECES D' ARGENT : L' HUILE ET LE VIN, LA DOUCEUR ET LA JOIE, LA PAROLE DIVINE ET LA FORCE DES SACREMENTS : C' ETAIT BIEN LA CE QU' IL NOUS FALLAIT POUR NOUS FORTIFIER ET NOUS GUERIR! "LE CHRIST N' A FAIT QUE PASSER DANS L' HISTOIRE MAIS IL N' ABANDONNE PAS L' HOMME : IL LE CONDUIT DANS L' EGLISE QUI, LOIN D' ÊTRE UN PALACE POUR SAINTES GENS EST "UN FOURRE-TOUT", UN DISPENSAIRE PLEIN DE CRIS ET DE LARMES, OU L' AUBERGISTE (PIERRE) DOIT ACCUEILLIR, SANS DEGOÛT, TOUS LES PECHEURS BLESSES AFIN DE PROLONGER SUR EUX LES SOINS QUE JESUS LEUR DISPENSAIT" (Père Raphaël Devillers). JESUS, LA SECONDE PERSONNE DE LA TRES SAINTE TRINITE, N' A PAS EU PEUR DE S' APPROCHER DE CE QUI EST PETIT, PAUVRE, MALADE, IMPUR ET SOUILLE : IL S' EST "MOUILLE" POUR NOUS, IL S' EST IMPLIQUE TOTALEMENT JUSQU' A PRENDRE LE RISQUE D' UNE MORT INFAMANTE : A CHAQUE MESSE, IL VIENT NOUS REDIRE, PAR LA VOIX DE SON PRÊTRE QUI EST UN "INSTRUMENT" DANS LES MAINS DU CHRIST POUR PARLER AVEC SON "JE" : "REGARDE CE QUE J' AI FAIT POUR TOI : JE SUIS VENU, JE SUIS DESCENDU AU PLUS BAS ET AU PLUS OBSCUR DE L' HUMANITE; REGARDE, J' AI TOUT DONNE : MON CORPS LIVRE! MON SANG VERSE! JE NE T' AI PAS AIME PAR PLAISANTERIE! ET SI C' ETAIT A REFAIRE, MOI, JESUS, JE RECOMMENCERAI POUR TOI, POUR TOUS, POUR UNE MULTITUDE! OUI, POUR TE GUERIR DU NON-AMOUR, J' ACCEPTERAI A NOUVEAU D' ÊTRE BLESSE A MORT, DE RECEVOIR LA TERRIBLE COURONNE D' EPINES, DE LAISSER MES MAINS ET MES PIEDS ÊTRE CLOUES JUSQU' A DEBOITER LA JOINTURE ET ARRACHER LES TENDONS ET LES MUSCLES!".

ENFIN, CETTE PARABOLE NOUS INVITE A LA BONTE : "VA ET, TOI AUSSI, FAIS DE MÊME!", AUTREMENT DIT, COPIE, IMITE LE BON SAMARITAIN! "ELLE EST TOUT PRES DE TOI CETTE PAROLE, ELLE EST DANS TA BOUCHE ET DANS TON COEUR POUR QUE TU LA METTES EN PRATIQUE" : IL EST IMPOSSIBLE DE NE PAS FAIRE UN RAPPROCHEMENT ENTRE CES VERSETS DU DEUTERONOME ET LE SAINT EVANGILE DE CE JOUR : LE COMMANDEMENT DE L' AMOUR NOUS EST PRESENTE COMME INCONTOURNABLE ET AUSSI COMME ACCESSIBLE ET A LA PORTEE DE COEUR DE CHACUN! EN VISITANT LAMPEDUSA -LE LUNDI 8 JUILLET 2013- LE PAPE FRANCOIS DISAIT DANS SON HOMELIE A LA FOIS STIMULANTE ET DECAPANTE : "ADAM EST UN HOMME DESORIENTE QUI A PERDU SA PLACE DANS LA CREATION PARCE QU' IL CROIT DEVENIR PUISSANT, POUVOIR TOUT DOMINER, ÊTRE DIEU. ET L' HARMONIE SE ROMPT, l' HOMME SE TROMPE ET CELA SE REPETE AUSSI DANS LA RELATION AVEC L' AUTRE QUI N' EST PLUS LE FRERE A AIMER... QUI DERANGE MA VIE, MON BIEN-ÊTRE... LE RÊVE D' ÊTRE PUISSANT, D' ÊTRE GRAND COMME DIEU, OU PLUTÔT D' ÊTRE DIEU, GENERE UNE CHAÎNE D' ERREURS, QUI EST UNE CHAÎNE DE MORT, PORTE A VERSER LE SANG DU FRERE!... NOUS NE SOMMES PLUS ATTENTIFS AU MONDE DANS LEQUEL NOUS VIVONS, NOUS NE NOUS SOIGNONS PAS... NOUS NE SOMMES PLUS CAPABLES DE NOUS GARDER LES UNS LES AUTRES... NOUS AVONS PERDU LE SENS DE LA RESPONSABILITE FRATERNELLE; NOUS SOMMES TOMBES DANS L' ATTITUDE HYPOCRITE DU PRÊTRE ET DU SERVITEUR DE L' AUTEL, DONT PARLAIT JESUS DANS LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN : NOUS REGARDONS LE FRERE A DEMI-MORT SUR LE BORD DE LA ROUTE, PEUT-ÊTRE PENSONS-NOUS "LE PAUVRE", ET NOUS CONTINUONS NOTRE ROUTE, CE N' EST PAS NOTRE AFFAIRE... LA CULTURE DU BIEN-ÊTRE, QUI NOUS AMeNE A PENSER A NOUS-MÊMES, NOUS REND INSENSIBLES AUX CRIS DES AUTRES, NOUS FAIT VIVRE DANS DES BULLES DE SAVON, QUI SONT BELLES, MAIS NE SONT RIEN; ELLES SONT L' ILLUSION DU FUTILE, DU PROVISOIRE, ILLUSION QUI PORTE A L' INDIFFERENCE ENVERS LES AUTRES, ET MÊME A LA MONDIALISATION DE L' INDIFFERENCE. NOUS SOMMES HABITUES A LA SOUFFRANCE DE L' AUTRE, CELA NE NOUS REGARDE PAS, NE NOUS INTERESSE PAS, CE N' EST PAS NOTRE AFFAIRE!".

"VA, ET TOI AUSSI, FAIS DE MÊME!".

DEVIENS COMME JESUS CE BON SAMARITAIN QUI SE DONNE DE LA PEINE POUR CELUI QU' IL A RECONNU COMME UN FRERE EN HUMANITE. "VA, ET TOI AUSSI FAIS DE MÊME!" : "DEMANDE-TOI PLUSIEURS FOIS DANS LA JOURNEE : EST-CE QUE JE FAIS EN CE MOMENT CE QUE JE DOIS FAIRE?... C' EST UNE QUESTION DE SECONDES... DIS-TOI AVANT D' ENTREPRENDRE QUOI QUE CE SOIT : QU' EST-CE QUE DIEU VEUT DE MOI DANS CETTE AFFAIRE? ET AVEC LA GRÂCE DIVINE, FAIS-LE!" (Saint Josemaria Escriva de Balaguer. Chemins n° 772 et 778).

O CHRIST,

COMMUNIQUE-NOUS CETTE CHARITE QUI NE NEGLIGE AUCUN BESOIN, AUCUN DEVOIR, AUCUN DE NOS FRERES!

SENSIBILISE NOS COEURS ET DECONTAMINE-LES DE TOUTE FORME D' EGOÏSME, D' EXCLUSIVE ET DE REPLI SUR SOI!

O JESUS,

TOI L' UNIQUE ET BON ET SAMARITAIN DES HOMMES, ENFLAMME NOS COEURS DE CET AMOUR ET DE CETTE BONTE QUI NE PASSERONT JAMAIS ET QUI -NOUS L' ESPERONS!- NOUS CONDUIRONT UN JOUR AU ROYAUME DE L' AMOUR EN NOUS FAISANT PASSER DE "LA JERICHO DE CETTE TERRE" A LA JERUSALEM NOUVELLE!

AMEN.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 11:37

11 ème Dimanche ordinaire. Année C.

Evangile selon Saint Luc 7, 36-8,3.

Homélie du Dimanche 16 juin 2013 de

monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet,

curé de Saint Joseph des Falaises-Bidart.

"Une "bombasse" pulvérisée par une "Bombe d' Amour"!

Savez-vous ce qu' est une "bombasse"? Ce mot nouveau qui figure désormais dans le dictionnaire (Petit Robert 2014) qualifie une femme qui met en avant son physique, une femme qui se rend attirante parfois jusqu' au vulgaire!

Dans l' Evangile de ce jour, mes frères, elle avait tout l' air d' une "bombasse" cette femme qui, sans y avoir été conviée, se "pointe" chez Simon le pharisien, en plein cœur d' un repas auquel Notre Seigneur Jésus Christ a été convié. Cette femme, en qui la longue Tradition de l' Eglise a toujours reconnu Marie-Madeleine, habite sans doute la même ville que Simon, à savoir "Magdala", à quelques kilomètres de la capitale "impie" Tibériade où réside le roi Hérode Antipas et toute sa cour. Voici donc que cette "femme pécheresse dans la vielle" -telle que la qualifie Saint Luc-, une "excommuniée" dont on ne s' approchait pas par crainte d' impureté, voici donc que cette "bombasse" repérée de tous, vient se mettre aux pieds de Jésus : scandale! Elle arrive avec tout ce qui, habituellement, lui sert à "allumer" ses clients : le parfum, les cheveux défaits jusqu' aux reins, le parfum -et peut-être les "tarifs" en poche! Tout cela faisait horreur à Simon et à tous ses amis pharisiens, tous ces "professionnels de la vertu" qui n' avaient que mépris pour ce genre de créatures!

Voici donc que la pécheresse fait irruption dans la salle du banquet : silence! Tout le monde est interloqué, stupéfié, décontenancé : elle s' approche de Jésus, "tout en pleurs" et sans aucune retenue, elle se met à Ses pieds et les mouille de ses larmes : elle ne demande rien, elle ne propose pas "ses tarifs", elle pleure aux pieds d' un homme à nul autre semblable : elle passe d' un "amour qui se vend" à un Amour qui Se donne et se reçoit! Que s' est-il donc passé? Quel "séisme" a secoué cette femme pour la précipiter aux pieds de Jésus? Quel "tsunami" l' a frappée et emportée pour la conduire dans la maison de Simon qui ne voit en elle qu' une femme méprisable, écoeurante et infréquentable, une femme que ses mœurs condamnent? Simon semblait apparemment "ouvert" à Jésus mais, en son for intérieur, il juge Jésus -aussi sévèrement que la femme!-, il Le considère comme un "plaisentin", il s' aveugle et finalement rejette son invité de marque : "Si cet homme était prophète, Il saurait qui est cette femme qui Le touche, et ce qu' elle est : une pécheresse". Simon aurait voulu que Jésus pense et agisse comme lui, il aurait voulu que Jésus Se "calque" sur sa manière de concevoir les choses et les êtres : c' est le comble de l' orgueil! Aurait-il oublié, ce cher Simon, cette Parole qu' il a tant de fois lue, entendue et méditée dans le livre d' Isaïe : "Mes pensées ne sont pas vos pensées, Mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le Ciel est élevé au-dessus de la terre, autant Mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et Mes pensées, au-dessus de vos pensées" (Isaïe 55, 8-9). Là où Simon voit quelqu' un à condamner, Jésus voit quelqu' un à sauver! Là où Simon voit quelqu' un à rabaisser -et il ne s' en prive pas!-, Jésus voit quelqu' un à relever, quelqu' un qu' il faut "ressusciter" à une vie nouvelle! Et de fait, Notre Bon Seigneur, de Son Regard perçant et lumineux qui sonde les reins et les cœurs, voit cette femme au cœur ouvert, grand, vif, ardent et repentant! Saint Bonaventure imaginait la prière silencieuse de cette femme à Jésus : "Mon Seigneur, je crois fermement, je sais et je confesse que Tu es mon Dieu et mon Maître... j' ai multiplié mes péchés au-delà du nombre des grains de sable qui couvrent les bords de la mer; coupable et pécheresse, je me réfugie au sein de Ta Miséricorde... prête à me corriger... Ne me rejette pas loin de Toi, je T' en prie, car je sais que je ne pourrais trouver aucun refuge ailleurs; je n' en veux point hors de Toi... Ne me repousse donc pas de Ta Présence. Punis-moi de tous mes crimes comme il Te plaira, seulement fais-moi Miséricorde" (In "Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure". Chap. XXVIII. De la conversion de Madeleine et autres faits pages 178-179. Paris, 1854. Louis Vivès). Saint Ambroise ajoutera ce commentaire : "Le Seigneur a aimé non pas le parfum mais l' affection de cette femme; Il a été reconnaissant pour la Foi, Il a loué l' humilité, le fait qu' elle se soit présentée telle quelle. Toi aussi, si tu désires la Grâce, augmente ton Amour; verse sur le Corps de Jésus ta Foi en la Résurrection et le parfum de ta Charité envers les autres" (Expositio Evangelii secundum Lucam). En "baignant" de ses larmes les pieds de Notre Seigneur Jésus Christ, cette femme est lavée, purifiée de toutes ses fautes, "ses nombreux péchés sont pardonnés -affirme Jésus-, à cause de son grand Amour".

Retenons ici, mes frères, plusieurs riches enseignements pour notre vie de Foi, qui feront du bien à notre cœur, qui feront du bien à notre âme en la réorientant, une fois de plus, vers notre Maître Bien-Aimé, vers Jésus :

- Savons-nous nous tenir "aux pieds de Jésus" -comme cette femme-, en Lui confessant nos péchés, nos égarements et en attendant de Lui toute Miséricorde? Savons-nous "pleurer" nos péchés, nos duretés de cœur, nos égarements de toutes sortes : "Ne pleurez pas sur Moi -dira le Christ en portant Sa Croix-, pleurez sur vous-mêmes et vos fautes!" (Saint Luc 23, 28). N' avons-nous pas trop délaissé "le chemin du confessionnal"? "Quand nous allons nous confesser, quand nous apportons nos péchés au Christ dans le Sacrement de Pénitence, nous rencontrons notre Sauveur dans une des rencontres les plus personnelles que l' on puisse avoir sur cette terre. Il nous reçoit avec douceur et miséricorde et nous accorde le pardon que nous cherchons. Il nous accorde la grâce de la conversion et renouvelle nos esprits et nos cœurs par Sa lumière et Sa paix" (Pape Jean-Paul II. Homélie du lundi 24 novembre 1986 au Lancaster Park de Christchurch-Nouvelle Zélande). "Le Seigneur nous regarde toujours avec Miséricorde... Si nous Lui montrons nos blessures intérieures, nos péchés, Il nous pardonne toujours. Il est Pure Miséricorde!" (Pape François. Angélus du dimanche 9 juin 2013).

- Savons-nous nous tenir "aux pieds de Jésus" en cultivant dans notre vie une certaine intériorité, en recherchant -comme la femme de l' Evangile-, un cœur à cœur avec Notre Seigneur; il ne suffit pas d' être en bonne santé et de bien gagner sa vie pour être heureux : il faut "autre chose", et cet "autre chose" ne s' apprend pas dans les livres, dans les écoles ou les évasions de toutes sortes : pour nous, chrétiens-catholiques, Jésus reste toujours, tout au long des siècles et jusqu' à ce jour, notre Maître : avec Lui nous sommes toujours à "bonne école" : "Venez à Moi -nous dit-Il-, devenez Mes disciples, car Je Suis Doux et Humble de Cœur, et vous trouverez le repos" (Saint Matthieu 11, 28-29). Frères et sœurs, l' Evangile du Christ reste un "Message de vie tel qu' il ne sera jamais possible d' en trouver de plus sublime dans d' autres expressions de la pensée humaine" (Pape Jean-Paul II. Homélie du 5 juillet 1980 à Porto Alegre-Brésil). On comprend, dès lors, que Lacordaire (+ 21 novembre 1861) se soit écrié un jour : "Livrez-vous à l' Evangile comme à l' âme de votre mère, elle vous aimait et elle venait de Dieu; l' Evangile aussi vient de Dieu et il est le seul livre qui ait reçu le don d' aimer... Rentrez chez vous, ouvrez-le à la première page venue et lisez-en non pas trois lignes, lisez-en un mot et pesez-le comme de l' or dans la balance de votre cœur!". Pour que le Seigneur soit dans notre cœur, il est nécessaire d' ouvrir la porte, de Le laisser venir nous rencontrer, nous regarder et nous parler et Il nous parle, précisément, avec Sa Parole qui ne passera jamais! (Saint Matthieu 24, 35) : nous, parfois, nous cherchons à négocier, nous prenons ce qui nous arrange "un peu ici, un peu là". C' est comme "faire une salade de fruits" : un peu de Saint-Esprit et un peu d' esprit du monde". Mais avec Dieu, avec Jésus, il n' y a pas de demi-mesures : on choisit "une chose ou l' autre", on ne peut pas servir deux maîtres (Conf. Homélie du Pape François le lundi 10 juin 2013 à la maison Sainte Marthe). C' est clair et net : plus un chrétien est attentif à entendre et à méditer la Parole, fidèle à l' observer et plus il la goûte, plus il l' aime, plus il la comprend, plus il y découvre des trésors de grâces, de lumière et de force. Au contraire, celui qui néglige la Parole de Dieu, qui ne la fait pas fructifier, qui la dément par sa conduite et en viole les préceptes, celui-là peu à peu s' en dégoûte, ses lumières s' obscurcissent, sa ferveur diminue de jour en jour; il commence par ne plus rien comprendre dans les Voies de Dieu; bientôt il n' y comprend plus rien du tout! Veuille le Seigneur nous préserver de cela! (Conf. Evangile médité. Giraudeau. 112 ° méditation page 213. Paris, 1823. Amable Costes et Cie.).

- Comme Simon le pharisien, ne portons-nous pas, à certains moments, un regard dur, sévère, hautain, un regard qui exclut, rejette, condamne et met de côté? Le Pape François, dans deux homélies prononcées les 18 et 25 mai 2013, disait que nous devons tous faire attention à la manière d' interférer dans la vie des autres, c' est-à-dire "comme l' on dit de manière courante, de mettre notre nez partout... combien de fois sommes-nous tentés de faire cela? Il y a le commérage : on commence par beaucoup d' éducation : "Mais moi -dit-on-, je ne veux parler mal de personne mais il me semble que... et puis on termine par écorcher son prochain... Combien de commérages dans l' Eglise! Combien nous commérons nous chrétiens!... c' est un peu l' esprit de Caïn : tuer son frère avec la langue. Mais sur cette voie, nous devenons des chrétiens aux bonnes manières et aux mauvaises habitudes! Ici et maintenant, à vous mes frères, à moi son ministre, Jésus nous rappelle qu' Il veut une Eglise avec les portes ouvertes, avec les mains tendues, pas une sorte de "douane" où celui qui cherche Jésus est éloigné parce qu' il a commis quelque erreur ou qu' il ne "rentre" pas dans les plans pastoraux bien établis par "l' intelligentsia cléricale"! C' est ce que fait Simon -pour en revenir à lui!-, il se comporte en face de cette pécheresse comme un "douanier" : "Halte-là! Ne viens pas ici! Ne t' approche pas de Jésus et encore moins de moi! Tu es "impure"!". Tenir éloignées les personnes, ce n' est pas du zèle, les "contrôleurs de la Foi" ne font pas plaisir à Jésus. C' est une vieille tentation, celle de nous approprier un peu le Seigneur : Notre Seigneur Jésus Christ a institué sept Sacrements et nous, par certaines attitudes, paroles, dureté de cœur et de langue, nous en "créons" un huitième : le "sacrement" de "la douane pastorale", qui freine, écarte, rebute certains : ils se sentent "regardés de travers", pas les "bienvenus", ils se sentent exclus et s' en vont : oui, il peut toujours y avoir en nous un "Simon le pharisien" qui sommeille! Nous devons toujours faire attention à cela : ne pas devenir des "chrétiens-repoussoirs", des "chrétiens-douaniers" ou pire des "chrétiens-geôliers" qui interdiraient aux autres de pouvoir changer, s' améliorer, progresser, se rectifier, se bonifier, en un mot se sanctifier! A la suite de la femme de l' Evangile nous aussi, avec notre vase d' albâtre -avec notre cœur!-, nous pouvons diffuser abondamment autour de nous le "parfum précieux" et agréable de la Bonté, de la Bienveillance, de la Miséricorde; nous pouvons être des sources d' encouragement, de réconfort, de paix. "Combien de chemin devons-nous parcourir pour vivre concrètement cette nouvelle loi, celle du Saint-Esprit qui agit en nous, celle de la Charité, celle de l' Amour!" (Pape François. Audience générale du mercredi 12 juin 2013).

Mes frères, si comme le proclame la sagesse populaire "il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages", cette belle page d' Evangile -que le Saint-Esprit nous offre en ce jour!-, nous révèle que les "canards boiteux, malades, défectueux" -et nous en sommes!-, sont aussi les enfants du Bon Dieu et même ils sont Ses "chouchous", Ses "préférés" : oui, depuis 2000 ans, l' Evangile nous donne à comprendre que c' est bien la misère à guérir et le criminel à sauver qui ont attiré le Sauveur sur notre terre : d' un bout à l' autre de Sa Vie, le Christ apparaît comme la Miséricorde sans limite! Ah! Nous pouvons toujours Le rencontrer et aller nous mettre à Ses pieds, au creux même de notre misère et même si nous piétinons encore, si nous pateaugeons dans des habitudes fangeuses; mais à condition que nous ayons un vif désir du mieux et une nostalgie de la pureté, à condition que nous ayons une confiance absolue et totale en Son Pouvoir de nous relever : c' est ce dont la "bombasse" de Magdala n' a pas douté un seul instant : elle reste pour nous tous un modèle à suivre! Oui, il y a de l' Espoir pour tout le monde : Dieu est capable de "transformer un pot cassé en bénitier", Dieu est capable de faire refleurir le désert! (Isaïe 41, 18-19). Oui, il y a de l' Espoir pour tout le monde : la Miséricorde du Seigneur s' étend d' âge en âge sur ceux qui Le craignent et qui savent se jeter éperdument à Ses pieds! (Saint Luc 1, 46-49).

Sa Miséricorde : tous, nous en bénéficions !

Sa Miséricorde : tous, nous devons la porter et la diffuser : qu' il en soit ainsi!

AINSI SOIT-IL!

ABBE JEAN-BERNARD HAYET.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:59

DIXIEME DIMANCHE ORDINAIRE. ANNE C.

Evangile selon Saint Luc 7, 11-17.

HOMELIE DU DIMANCHE 9 JUIN 2013

DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES-BIDART.

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : comme il a raison, mes frères, l' Apôtre Saint Paul, de nous adresser ce rappel salutaire (Galates 1, 11-19).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : le Christianisme, n' est pas une invention humaine : il nous vient de beaucoup plus grand et de beaucoup plus "Haut" que nous, il nous vient du Ciel! L' Evangile, c' est quelqu' Un, c' est une Personne, c' est Dieu qui, un Jour du temps, a pris Chair de notre chair, c' est Dieu qui a vécu notre condition humaine en passant par tous les stades que, grosso modo, nous connaissons tous : Il y est né, Il a grandi dans une Famille normale -constituée d' une femme et d' un homme -selon ce que Dieu a voulu depuis toujours dans Son Projet pour l' humanité (Genèse 2, 24), Il a travaillé de Ses Mains, Il a partagé les joies et les peines de Ses proches, Il a vécu de belles et solides amitiés, Il a éprouvé la douleur d' être trahi lamentablement, d' être torturé affreusement et de mourir tragiquement, en pleine force de l' âge, à 33 ans quand Il rendit Son "Souffle" au Père du Ciel devant Sa Mère -Marie!-, dont le Cœur fut transpercé d' une douleur sans nom!

On comprend, dès lors, pour revenir à l' Evangile de ce jour, que Notre Seigneur Jésus Christ, fut "saisi de pitié" en voyant cette mère, cette maman au cœur brisé : son fils, son "tout-petit", chair de sa chair, n' est plus! Son fils unique, son fils chéri dont elle avait entrevu l' avenir : il se marierait, il aurait des enfants, la famille s' agrandirait, elle deviendrait grand-mère... Las! La mort est survenue et a fait son œuvre : l' Espérance s' est éteinte dans le cœur "crucifié de douleur" de cette pauvre femme : "A quoi bon continuer à vivre? Tout s' écroule : normalement ce sont les enfants qui enterrent leurs parents et moi, voici, que je dois ensevelir le fruit de mes entrailles : il n' y a plus rien à espérer ni à attendre!". Cela me rappelle une poésie apprise dans mon enfance : "La biche brame au clair de lune et pleure à se fondre les yeux : son petit faon délicieux a disparu dans la nuit brune" (Maurice Rollinat).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine! " : en plein cœur de la souffrance, c' était sans compter sur la venue d' un Homme, jeune lui aussi, fils unique d' une mère -Marie!-, une mère qui tient à Lui comme à la prunelle de Ses yeux : voici Jésus, voici le Prince de la Vie, voici le Véritable et Unique Seigneur du monde, voici le Seul qui est capable de dire efficacement à un mort : "Je te l' ordonne, lève-toi!" : adieu les larmes et place à la joie! Fini le deuil et place à la danse! Aux orties les habits funèbres et place aux vêtements de fête! (Psaume 29).

Toi, chrétien, sois sûr et certain de cela -selon les mots de Charles Péguy- :

"Jésus n' est pas venu te dire des fariboles!

Jésus n' a pas fait le voyage -du Ciel à la terre et de la terre au Ciel- pour te conter des amusettes, des blagues ou des devinettes!" (Le porche du mystère de la deuxième vertu. Œuvres poétiques complètes. Gallimard 1975 pages 587 et suivantes). Oui, Jésus n' est pas venu nous raconter des "histoires à dormir debout", Il est venu pour que nous ayons la Vie en abondance : "Amen, amen, Je vous le dis : l' heure vient -et c' est maintenant- où les morts vont entendre la Voix du Fils de Dieu, et ceux qui l' auront entendue vivront" (Saint Jean 5, 25-28).

Frères et sœurs, dans un moment, nous allons proclamer notre Foi, la Foi bimillénaire de toute l' Eglise :

"Je crois en la résurrection de la chair!

Je crois à la Vie éternelle!"

Est-ce si sûr? Mesurons-nous ce que nous disons? Y croyons-nous véritablement?

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : avec la Venue de Jésus sur notre terre, avec Sa mort et Sa Résurrection, le monde a atteint sa destination finale : "Malgré toutes les misères, les injustices, les monstruosités, présentes sur terre, l' ordre du monde définitif a déjà commencé en Lui. Ce que nous voyons de nos yeux peut nous suggérer le contraire, mais le mal et la mort sont en réalité battus à jamais. Leurs sources sont asséchées... Une chose surtout paraît différente, vue avec les yeux de la Foi : la mort. Le Christ est entré dans la mort comme on entre dans une sombre prison; mais Il en est sorti en passant par l' autre mur... Il a ouvert une brèche vers la Vie que personne ne pourra refermer, et par laquelle tous peuvent Le suivre. La mort n' est plus un mur contre lequel se brise toute espérance humaine; elle est devenue un pont vers l' Eternité. Un "pont des soupirs", peut-être parce que personne n' aime mourir, mais un pont, non plus un abîme qui avale tout" (Père Raniero Cantalamessa. Homélie du Vendredi-Saint 29 mars 2013 à Saint Pierre de Rome).

Disons-le tout de go et sans ambages : si vous ne croyez pas à la Résurrection, vous n' êtes pas chrétiens, vous n' avez pas grand-chose à faire dans une église chaque Dimanche; si vous vous dites chrétiens en jetant "aux orties" la Foi en la Vie éternelle, la Foi en la résurrection de la chair, vous êtes les plus malheureux des hommes -comme le dit Saint Paul (1 Corinthiens 15, 12-19)- et mieux vaut profiter de la vie, quitte à faire n' importe quoi, plutôt que de vous croire obligés de venir à l' Eucharistie! C' est bien parce que le Christ est Ressuscité que l' Eglise ne cesse d' affirmer la grandeur et la haute dignité de tout homme dans son corps et dans son esprit : "C' est à cette lumière... que les chrétiens sont des chantres de la grandeur de tout homme, des défenseurs de sa dignité. C ' est à partir de là que l' Eglise proclame la dignité de l' embryon humain, qui mérite les marques de respect dues à une personne humaine... à partir de là qu' on ne peut faire du corps de chair, comme dans le prix de la gestation pour autrui, une marchandise négociée ici et produite là-bas, au gré des désirs des uns et des besoins des autres... à partir de là que le respect de l' unité du corps et de l' esprit ne s' accommode ni de pratiques échangistes ni de la prostitution... à partir de là que la peine de mort est dénoncée comme un acte immoral et que la torture ne saurait être justifiée" (Monseigneur Georges Pontiers, archevêque de Marseille).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : comme nous avons intérêt, mes frères, à regarder nos aînés dans la Foi qui ont su "regarder" la mort en face, avec courage et Foi : ils n' ont pas douté un seul instant que "mourir ce n' est pas finir, ils n' ont pas hésité à voir la mort comme un passage et même comme une amie : "Loué sois-Tu, mon Seigneur -s' exclamait Saint François d' Assise (+ 3 octobre 1226)- pour notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper!".

Entendez-les, mes frères, tous ces amis de Dieu, parler de la mort et de leur Espérance :

- Saint Louis de Gonzague (+ 21 juin 1591), 11 jours avant de s' éteindre à l' âge de 23 ans, écrivant à sa mère : "Notre séparation ne sera pas longue; nous nous reverrons au Ciel et, réunis pour ne plus nous séparer, nous jouirons de notre Rédempteur, nous Le louerons de toutes nos forces et nous chanterons éternellement Ses Miséricordes infinies".

- La jeune carmélite de Lisieux, Sainte Thérèse (+ 30 septembre 1897) morte à 24 ans : "Je ne meurs pas, j' entre dans la Vie!".

- Jacques Fesch, guillotiné le 1 er octobre 1957, après avoir tué un policier : un mois avant son exécution -et après être revenu au Christ par une fulgurante conversion- il écrira à sa famille : "Celui qui s' abandonne à Dieu, ce n' est pas un cœur de chair qu' il a dans la poitrine mais un globe de feu!".

- Le Bienheureux Pape Jean XXIII ( + 3 juin 1963), miné par un cancer, qui, à l' âge de 81 ans, consolait ceux qui pleuraient à son chevet avec ces mots : "Tous les jours sont bons pour vivre et tous aussi sont bons pour mourir. Pour moi, les valises sont prêtes... Ne pleurez pas, c' est l' heure de la Joie!".

- Marthe Robin (+ 6 février 1981), fondatrice des "Foyers de Charité", était convaincue que : "La mort, c' est la grâce des grâces, le couronnement de notre vie chrétienne. Quand je pense à elle, je me dis : "Tant mieux, bientôt j' irai voir le Bon Dieu".

- Enfin, Dom Helder Camara (+ 27 août 1999), ancien archevêque de Recife, au Brésil : "Il y a des personnes qui se demandent : mais comment la Résurrection sera-t-elle possible? Comment va-t-elle se passer? Un Ange va sonner de la trompette dans les cimetières?... Un jour, quand le Seigneur le voudra, cet esprit de vie reprendra forme, reprendra corps, d' une manière que nous ne pouvons imaginer, pas plus que le nouveau-né ne peut imaginer le corps de ses vingt ans. Mais nous nous reconnaîtrons! L' Eternité serait inacceptable, invraisemblable, si après nous être connus, reconnus et aimés sur cette terre, nous ne devions plus nous connaître, reconnaître et aimer sur la terre nouvelle, dans le nouveau Ciel!" (In "L' Evangile avec Dom Helder. Desclée de Brower 2009 page 177).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : quand nous nous regardons vivre, les uns et les autres, quand nous regardons le monde dans lequel nous sommes, avec ses complexités, ses défaillances et ses déficiences, avec les courants qui le traversent, on a l' impression parfois, à des degrés divers, que l' homme prend plaisir à "inquiéter et à faire pourrir l' Espérance" (Henri Lafourcade). Heureusement que le Christ est là, aujourd' hui et jusqu' à la fin des temps, Il est là avec Son Evangile qui, pour ceux qui veulent bien l' accueillir, est une Parole Vivante qui fait ressurgir la vie, qui redonne l' énergie à ceux qui l' ont perdue, qui créé un cœur nouveau pour ceux qui ont un cœur de pierre, qui offre une immense Fraternité -l' Eglise!- qui rassemble des frères et sœurs de partout, une Eglise dans laquelle -je me le redis ici, avec vous, selon les mots du Pape Benoit XVI-, une Eglise dans laquelle "nous trouvons tout ce qui est bon, tout ce qui est motif de certitude et de réconfort!" (Pape Benoit XVI. Discours du 12 mai 2007 au sanctuaire d' Aparecida au Brésil).

Frères et sœurs, il nous faut tenir fermes dans la Foi, revenir sans cesse au Christ et à Sa Parole, dans un monde qui ne sait plus ou ne veut plus "regarder la mort en face", un monde qui fait tout pour la masquer, l' occulter ou l' accélérer à grands renforts de coktails lytiques : un peu de dolosal, de lagarctyl, de phenargan, une "pincée" de chlorure de potassium et hop! vous vous retrouvez de "l' autre côté", "ad patres" : le "tour est joué" : un lit d' hôpital est libéré : "Au patient suivant!".

Il nous faut TENIR FERMES DANS LA FOI AU CHRIST RESSUSCITE : certes, un jour, notre pèlerinage terrestre prendra fin : nous laisserons cette "vieille carcasse" dont nous prenons tant de soins, nous laisserons nos biens, nos maisons, nos avoirs de toutes sortes, nous quitterons -pour un temps!- les êtres aimés et aussi ceux que nous aimions moins ou pas du tout; un jour, à l' heure que nous ignorons, nous serons portés là où il faudra qu' on nous dépose : mais ce jour-là -et c' est la certitude sereine que nous offre l' Evangile de ce jour-, ce jour-là, aux portes de la Vie, nous croiserons les pas de Celui qui est la Route : le "Jésus de Naïm", le "Jésus de toujours", le Christ Eternellement Jeune et Beau qui nous dira : "Je te l' ordonne, lève-toi! Relève-toi d' entre les morts!". Et nous bondirons, à Son appel, vers la Joie sans fin et nous passerons, par-delà la mort, de la vie à la Vie : telle est notre Foi, mes frères!

Une Foi qui est vraie!

Une Foi qui est sûre!

Une Foi qui est certaine!

Oui, en vérité, je vous le dis et je me le dis :

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!".

Amen.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:58

Par décision de Monseigneur l' évêque

Monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet,

curé de la Paroisse Saint Joseph des Falaises-

Bidart

est nommé délégué épiscopal à la catéchèse.

Monsieur l' abbé Jean-Paul Martinon

est nommé curé de la paroisse Saint Joseph des

Falaises-Bidart.

Ces nominations prennent effet le 1 er septembre 2013.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 16:32

LE SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG

DU CHRIST. ANNEE C.

DIMANCHE 2 JUIN 2013.

HOMELIE DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES.

"Il est là! Il est là!.

"Qui donc?".

"Jésus!".

"Où ça?".

"Sur l' Autel et dans le Tabernacle!

"Il est là!" : cette exclamation remplie d' Amour jaillissait fréquemment du cœur du Saint Curé d' Ars, -prêtre au cœur de feu!-, parlant de l' Eucharistie, de la Présence de Jésus dans l' Hostie; oui, il ne savait que dire, avec des sanglots dans la voix et les larmes au bord des yeux : "Il est là! Il est là!".

Frères et sœurs, il est bon de nous redire en cette Fête-Dieu que, depuis 2000 ans, les Saints de notre Belle Eglise n' ont jamais remis en question un seul jour ni une seule minute de leur existence, cette Foi envers le Saint-Sacrement de l' Eucharistie; ils ont reconnu et adoré, tout au long des siècles, que dans l' Hostie sacrée se tenait, réellement Présent, Jésus Vivant!

"Il est là! Il est là!" : c' est pour Lui, le Christ Pain de Vie, que les chrétiens ont bravé les interdits, les obstacles, les dangers, pour célébrer Son Repas pascal et recevoir Sa Présence Eucharistique :

- il suffit de penser, ici, à nos frères aînés dans la Foi -les premiers chrétiens des catacombes- obligés de se réunir clandestinement pour célébrer le Sacrifice du Christ : "Il est là!".

- il suffit de penser aux chrétiens qui, dans notre pays, en pleine Terreur, en 1793, n' ont jamais failli -fut-ce au détriment de leur vie-, à la célébration de la Messe : le musée des Beaux-Arts de Rennes possède, à ce sujet, une éloquente peinture aux dimensions impressionnante (1m77 sur 3m50) : on y voit une Messe célébrée en pleine mer : la scène y figure un rassemblement de barques qui, loin de la surveillance des autorités révolutionnaires, encerclent une barque centrale sur laquelle on y voit un prêtre élever la Sainte Hostie durant la Consécration : "Il est là!".

- il suffit de penser aux Messes clandestines qui avaient lieu dans le terrible camp de concentration de Buchenwald : des prêtres à qui on avait arraché leurs soutanes et donné des visages de forçats, environnés d' ennemis de toutes sortes et d' espions, qui disaient, à plat ventre sur la paillasse, des Messes punies de mort, donnaient des absolutions punies de mort, distribuaient des Communions punies de mort : leurs cœurs de prêtres n' ont pas varié -en plein cœur de la pire des cruautés!- et ils ont béni, purifiés, pacifié, distribué l' Espérance et la Foi : "Il est là!". (Cf. H.L.J.P. Mazeaud. Visages dans la tourmente 1939-1945. Albin Michel).

Mes frères, les siècles peuvent défiler, les hommes peuvent changer, les prêtres se succéder les uns aux autres, la Messe que le Christ a voulue, la Messe qui est une "Invention" de Son Amour, est toujours la même, depuis le Jour mémorable où, devant le cœur émerveillé de Ses Apôtres, Notre Seigneur Jésus Christ prit le Pain et le Vin et en fit le Saint-Sacrement de Son Corps livré et de Son Sang versé! La Messe que nous vivons, en cet instant, la Messe de notre enfance, la Messe que célébraient les Apôtres, celle où les martyrs et les Saints ont puisé la force du témoignage et l' ardeur de la Charité est et reste toujours le Grand Mystère de la Foi : "Il est là!" : c' est sûr! C' est certain! C' est vrai! C' est incontournable! Il est là! "Le Christ, Dieu et Homme, Se rend Présent tout entier" avec Sa "Chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père a ressuscitée dans Sa Bonté" (Pape Paul VI. Encyclique "Mysterium Fidei" n° 39 ET 44). "Il est là!" : "Nous marchons sur les routes du monde en sachant qu' Il est à nos côtés, soutenus par l' Espérance de pouvoir Le voir un jour à visage découvert dans la rencontre définitive" (Pape Benoit XVI. Homélie du jeudi 7 juin 2007 à Sainte Marie Majeure). "Il est là!" : sur l' Autel -disait à des enfants de Rome, le Pape François_ "ce n' est pas du tout du pain. Qu' est-ce que c' est? C' est le Corps de Jésus. Jésus vient dans notre cœur" (Homélie du dimanche 26 mai 2013 à la paroisse romaine "Saints Elisabeth-et-Zacharie). "Il est là!" : "C' est tellement fort, hors mesure humaine -disait Dom Helder Camara (+ 27 août 1999)-, de voir ainsi descendre le Fils de Dieu entre nos mains, de L' avoir là, sous nos yeux, de Le porter!... Comme c' est beau, la Messe. Comme c' est beau de savoir que ce Pain que je reçois, ce Pain que je donne est vraiment le Seigneur Jésus et est vraiment notre Aliment. Il était déjà en nous comme un Dieu immense. Il est maintenant en nous par Son humanité, en nous donnant Son Corps à manger" (In "L' Evangile avec Dom Helder". Desclée de Brower 2009 pages 180-182).

"Il est là!" : l' admirable Sacrement de l' Eucharistie que Jésus a voulu, institué, créé et "inventé" est pour nous : il n' est pas destiné aux chiens -comme le chantera Saint Thomas d' Aquin- : "Voici le Pain des enfants de Dieu qu' on ne peut donner aux chiens" (Séquence liturgique de la Fête-Dieu) : ce Sacrement -Saint-Sacrement!- est fait pour nous, les hommes, pour nous seuls qui pouvons distinguer et reconnaître en lui le Corps du Christ, Sa Chair crucifiée et Ressuscitée qui ne peut être donnée aux chiens! "Il faut que les choses saintes soient traitées saintement!" martelait le Bienheureux Pape Jean-Paul II (Lettre apostolique du 4 décembre 1988 pour le 25 ème anniversaire de "Sacrosanctum concilium" sur la Sainte liturgie) : "Il faut que les choses saintes soient traitées saintement!". Le Corps du Christ reçu dans la Sainte Communion -et avec quel respect nous devons nous en approcher : que Dieu nous préserve de toute forme de désinvolture routinière!-, le Corps du Christ, nous Le retrouvons ensuite, en sortant de l' église, et, là aussi, il mérite toute notre attention et notre respect. On peut dire que chaque Messe nous "reconnecte" à notre vie de tous les jours et qu' elle nous pousse à la vigilance dans une civilisation qui, sous bien des aspects a instauré -selon les mots du Pape François- une culture du rebut : "Celui qui ne sert pas est mis au rebut, les enfants, les personnes âgées vont au rebut, avec cette euthanasie cachée que l' on utilise, et les plus exclus aussi... Saint Jean Chrysostome le disait clairement : "A quoi sert-il d' orner l' église si tu n' ornes pas le Corps du Christ qui souffre de la faim?" (Pape François. Jeudi 16 mai 2013. Rencontre avec le comité exécutif de Caritas internationalis). En fait, on peut dire ici que chaque Messe doit insuffler en nous et enraciner dans notre cœur une véritable spiritualité de la tendresse qui démontre que pour nous, disciples du Christ, l' homme -quel qu' il soit- vaut plus par ce qu' il est que par ce qu' il possède, que la dignité humaine ne peut jamais être détruite, quelle que soit la situation de misère, de mépris, de rejet, d' impuissance, à laquelle un être humain a été réduit. "Il est là!" : Il est "Présent" dans le frère qui souffre, le frère qui est blessé, affamé, assoiffé, dépouillé, malade, prisonnier (Saint Matthieu 25, 31-46) : hors des sentiers battus, tous ces "pauvres", contre toutes les normes mondaines, partagent la Royauté du Christ et font partie de "Sa Cour" : ils sont "Sa Chair"! Une petite histoire illustre parfaitement cela : alors qu' il allait mourir à l' âge de 39 ans, le grand Blaise Pascal était si malade qu' il ne pouvait plus recevoir la Sainte Communion et avaler l' Hostie sacrée : il demanda alors à son aumônier de faire venir dans sa chambre un mendiant; le prêtre satisfit sa demande : Pascal se leva, donna son propre lit au malade et s' installa dans un fauteuil en disant : "Communier à l' Hostie ou communier à un pauvre c' est la même chose!".

"Il est là!" : "La religion -disait le Pape Jean-Paul II (+ 2 avril 2005)- ordonne nos vies totalement vers Dieu et, en même temps, nos vies doivent être totalement imprégnées de notre relation à Dieu, au point que notre religion devienne notre vie. La religion porte le souci de l' humanité et de tout ce qui appartient à l' humanité, et en même temps elle dirige vers Dieu tout ce qui est humain en nous" (Allocution du 2 février 1986 à Delhi aux représentants des religions et de la culture). C' est bien cela que signifie la procession du Saint-Sacrement : elle manifeste non seulement la Sainte Présence du Christ au milieu de nos villes et villages, de nos rues et de nos maisons mais aussi Son action bienfaisante qui doit passer, désormais, par nous qui sommes aussi des "Christophores", des "Porte-Christ" à l' image de l' ostensoir : ce qui doit toujours "ressortir" de nous, ce qui doit transparaître et rayonner c' est bien les trois grandes vertus de Foi, d' Espérance et de Charité! Il faut relire ici, mes frères, le Concile Vatican II : "Vos activités, vos prières, vos entreprises apostoliques, votre vie conjugale et familiale, vos labeurs quotidiens, vos détentes d' esprit et de corps, s' ils sont vécus dans l' Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie... tout cela devient "offrandes spirituelles, agréables à Dieu" (1 Pierre 2, 5)... C' est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d' adoration" (Lumen gentium n° 34). On peut dire ici, qu' à la suite du Christ multipliant les pains, nous sommes invités constamment, d' une Eucharistie à l' autre, à "multiplier" les gestes d' Amour et de Tendresse : "Dans l' Eucharistie, le Seigneur nous fait parcourir Sa voie, celle du service, du partage, du don, et ce peu que nous avons, ce peu que nous sommes, s' il est partagé, devient richesse, car la Puissance de Dieu, qui est celle de l' Amour, descend dans notre pauvreté pour la transformer" (Pape François. Homélie du jeudi 30 mai 2013 pour la Fête-Dieu. Basilique Saint Jean-de-Latran) : Mère Teresa de Calcutta (+ 5 septembre 1997) le disait à sa manière : "Mettons nos mains, nos yeux, notre cœur, à la disposition du Christ, pour qu' Il puisse agir".

Frères et sœurs, la Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, n' est pas là que pour un seul jour de l' année liturgique. Chacune de nos Messes bien vécues et célébrées, chacune de nos Communion reçues dans la Foi, chacune de nos adorations sont destinées à être de véritables "Fête-Dieu" qui laisseront jaillir de nos cœurs et de nos yeux éblouis et ébahis, ce cri d' Amour et de Joie qui récapitule le Mystère de la Foi :

"Il est là! Il est là! Il est là!".

Amen.

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 17:14

LA SAINTE TRINITE. ANNEE C (2013).

DIMANCHE 26 MAI 2013.

HOMELIE DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES-BIDART.

Mes bien chers frères, fêter la Sainte Trinité, c' est, non pas élaborer une belle théorie sur Dieu mais, avant toute chose, porter un triple regard émerveillé et reconnaissant sur le Dieu -Père, Fils et Esprit-, que nous adorons, que nous prions, chantons et servons : ce Dieu dont nous nous "enveloppons" le corps chaque fois que nous traçons sur nous, avec Foi et Amour, le Signe sacré de la Croix! "Pour "catéchiser" les autres sur la Trinité, il faut commencer par apprendre au quotidien à faire son Signe de Croix. Apprendre à poser sur notre corps la sainte gestuelle de qui nous recevons la vraie Vie. De façon lente et cordiale. Ample et recueillie... Accomplir ce rite qui vient bénir et compatir à nos joies et nos peines. Le refaire chaque matin comme s' il était neuf... Sans la Trinité, nous ne sommes rien" (Monseigneur Bernard Podvin).

Prenons donc le temps, très brièvement -car une vie entière n' y suffirait pas!-, pour contempler le Mystère de notre Dieu et Seigneur si aimable et infiniment adorable!

-Premier regard : notre Dieu est Père, Créateur de l' univers visible et invisible : Il a placé l' homme -chacun de nous!- au centre du monde! Le chanteur Georges Moustaki (+ 23 mai 2013) aimait à dire que : "L' homme descend du songe"! Il ne croyait pas si bien dire : pour nous, chrétiens, cette expression dit vrai : l' homme descend du "songe de Dieu", l' homme est un "rêve" que Dieu a réalisé : en vérité, c' est bien pour nous -vient de nous révéler le livre des Proverbes (8, 22-31) que Dieu "traçait l' horizon à la surface de l' abîme", c' est bien pour nous que Dieu "imposait à la mer ses limites et qu' Il établissait les fondements de la terre" : en regardant tout ce que Notre Père du Ciel a voulu, créé et mis en place -dans une parfaite harmonie et un grand équilibre!- nous ne pouvons que reprendre à notre compte la prière émerveillée du Psaume 8 : "O Seigneur... qu' est-ce que l' homme pour que Tu penses à lui, le fils d' un homme, que Tu en prennes souci?". C' est inouï, mes frères -certains en rient peut-être- mais c' est ainsi : avant même nos parents, Dieu "a pensé à nous et nous a appelés à la vie. Nous existons dans les Pensées et dans l' Amour de Dieu" (Pape Benoit XVI. Homélie du dimanche 15 août 2010). Nous vivons dans un monde -au moins pour sa partie occidentale- qui refoule le sens de Dieu et du transcendant ou qui veut le reléguer exclusivement dans la sphère privée : Dieu d' accord mais chez toi, à l' église ou à la sacristie mais pas plus loin, pas au-dehors! "Quel silence autour de Dieu à notre époque? -s' exclamait le Cardinal Danneels-. Dans la vie courante, à table, au travail, dans la société, en un mot là où l' homme vit ses frands choix, on ne parle jamais de Dieu... le domaine de la "spiritualité" est banni de la vie quotidienne, relégué en marge de l' existence; le problème de la chute et de la rédemption, de la vie et de la mort : qu' en fait-on?... Voilà donc notre blessure profonde. L' homme contemporain refoule ce sens du transcendant qui, précisément, le constitue dans son humanité. Car la relation à Dieu est constitutive de l' homme. L' homme dépasse infiniment l' homme, selon le mot de Pascal" (Cardinal Godfried Danneels. Conférences des 22 et 23 janvier 1983 à Notre Dame de Fourvière et à Notre Dame de Paris). Oui, mes frères et soeurs, il est beau de croire en plus grand que nous! Il est beau de savoir que tout ce que nous voyons n' est pas tout ce qu' il y a à voir! Il est beau de comprendre que notre destin est Eternel et ne s' achèvera pas au fond d' une tombe ou dans un urne funéraire qui nous verra retomber "illico presto" en poussière! C' est ce qui faisait dire à Dom Helder Camara (+ 27 août 1999) que : "Dans les moments les plus critiques, les plus angoissants, nous, les chrétiens, nous n' avons pas le droit d' oublier que nous ne sommes pas nés pour la mort : nous sommes nés pour la Vie! Nous pouvons garder l' Espérance, la Paix intérieure, parce que nous avons la certitude profonde que nous sommes nés pour la Pâque éternelle" (In "L' Evangile avec Dom Helder". Desclée de Brouwer 2009 page 104). Il est de notre plus grand intérêt, frères et soeurs, de nous mettre chaque jour sous le Regard de Notre Père du Ciel -Créateur de l' univers visible et invisible-, de nous abandonner à Lui, de laisser "un espace à Dieu dans notre vie, en commençant le matin par la prière, en réservant du temps à Dieu, en consacrant le Dimanche à Dieu. Si Dieu entre dans notre temps, tout notre temps devient plus grand, plus ample, plus riche" (Pape Benoit XVI. Homélie du lundi 15 août 2005). L' homme trouve toujours son Bonheur quand il cultive la ressemblance avec son Divin Modèle : c' est quand nous prétendons être à l' égal de Dieu jusqu' à en devenir ses rivaux, c' est quand nous dictons nos propres lois, que la tragédie commence : depuis 3000 ans la Bible n' en finit pas de nous rappeler quelques-unes de ces tragédies : la rupture des origines (le Péché originel), Sodome et Gomorrhe, la tour de Babel; et le Malin, semeur de zizanie, est toujours prêt à passer à l' attaque et à nous suggérer de nouvelles et "folles" aventures qui nous conduiront vers de nouvelles tragédies et produiront encore plus de tristesse dans notre vie! "L' Eglise, dans ses appréciations et ses jugements historiques, peut se tromper; mais elle ne se trompe pas quand elle veut être le témoin et le grant de cet Absolu, présent dans l' histoire, qui fait que l' homme est un homme digne de vivre et donc, de risquer sa vie pour la vie. L' Eglise reçoit une infaillible assurance pour accomplir sa mission quand, marchant à la suite du Christ, elle atteste envers et contre tout ce à quoi elle doit la première se soumettre : l' Amour absolu qui donne à l' homme d' exister, Celui qui est plus grand que l' homme et dont l' homme reçoit sa grandeur" (Cardinal Jean-Marie Lustiger. Homélie du 11 novembre 1982 à Saint Louis des Invalides).

Ah! Seigneur! Mon Père! Apprends-moi à prendre mes distances avec le vacarme des mots, avec les verbiages et les cabotinages, apprends-moi à faire silence au coeur des rumeurs de mon coeur, pour que je puisse créer, au fond de moi, un espace de silence où puisse pénétrer Ta Parole qui me dit sans cesse : "Tu es Mon enfant, sur toi repose Mon Amour!" (Saint Matthieu 3, 17).

Portons maintenant notre deuxième regard sur Dieu : Il est le Fils : Jésus! Nous sommes au centre de Son Coeur! Avec Jésus, nous découvrons le Visage humain de Dieu qui est venu humblement et simplement au milieu de nous : Dieu a fait Son "entrée" dans le monde grâce au "Oui" que Lui offrit une jeune fille de Nazareth, désormais "Bénie entre toutes les femmes" : Marie! Marie -disait dès le quatrième siècle le diacre Saint Ephrem- est "ce mystérieux Ciel nouveau dans lequel a résidé le Roi des rois... oui, une femme de notre terre, une femme de notre race a pu embrasser Celui que l' univers ne peut contenir; Celui qui siège dans l' Eternité a voulu reposer sur Ses genoux! Celui dont la terre est le marchepied a voulu La suivre comme un enfant" (Sermon III de diversis : opera omnia III syr. et lat.). Notre Dieu est si Grand qu' Il S' est fait tout Petit, l' Un de nous : Il est venu, en Jésus, comme un enfant, comme un artisan, comme un prédicateur de "Feu", comme un pauvre condamné à mort, victime de la plus grande injustice qui soit! Qui donc pouvait imaginer qu' un Jour de notre Histoire on verrait Dieu dans la Chair, un Dieu né d' une femme, un Dieu crucifié, flagellé, mort, déchiré et enseveli? Un Dieu qui a créé Sa propre Mère, un Dieu qui a souffert de la faim et de la soif, un Dieu dont nous n' avons rien à craindre puisqu' Il ne nous laissera jamais périr! (D' après Saint Augustin : Sermon CXXIV). Dieu est si Bon pour nous que, non seulement après avoir créé le monde, Il a renoncé à Sa splendeur Divine pour descendre à Bethléem dans une mangeoire à bestiaux mais plus encore, Sa Bonté L' a "poussé" à S' offrir en nourriture, mystérieusement et réellement, sous le voile de la Sainte Hostie reçue en chacune de nos Eucharisties : que pouvait-Il faire de plus pour nous? On peut vraiment dire ici que la méthode de Dieu c' est toujours la méthode de l' humilité : "Jésus -dira Saint Ambroise- fut réellement la plus petite de toutes les semences... Il est devenu le plus Grand de tous les arbres... le plus Beau des enfants des hommes" (Saint Ambroise. Commentaire de Saint Luc 108-185). Cette méthode de l' humilité est aussi valable pour nous : "Il ne faut pas craindre l' humilité des petits pas et avoir confiance dans le levain qui pénètre dans la pâte et lentement la fait croître (Saint Matthieu 13, 33)... Dans l' oeuvre d' évangélisation, sous la conduite de l' Esprit-Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l' essentiel de l' annonce : la Bonne Nouvelle d' un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui S' intéresse à nous" (Pape Benoit XVI. Audience générale du 28 novembre 2012). Alors que la veille de Pentecôte, le Pape François rencontrait les mouvements ecclésiaux, il n' hésita pas à rappeler que ce qui doit rester "Premier" au coeur de l' Eglise et de tout Baptié, c' est le Christ : "Qui est la chose la plus importante? - interrogeait-il- : Jésus! Si nous allons de l' avant avec l' organisation, avec d' autres choses, avec de belles choses, mais sans Jésus, nous n' allons pas de l' avant, cela ne va pas. Jésus est plus important... Vous avez tous crié sur la place : "François, François, le Pape François!". Mais Jésus où était-Il? Moi, j' aurais voulu que vous criiez : "Jésus, Jésus est le Seigneur, et Il est au milieu de nous!". Dorénavant, plus de François mais "Jésus"... Nous ne pouvons pas devenir des chrétiens amidonnés, des chrétiens trop bien élevés, qui parlent de choses théologiques alors qu' ils prennent le thé, tranquilles" (Pape François. Discours du samedi 18 mai 2013, place Saint-Piere). "Il n' est ni particulièrement difficile ni extraordinaire de connaître quelque chose du Christ, si ce n' est que pour Le reconnaître vraiment il nous faut accepter de gager notre vie sur cette reconnaissance. La question de l' identité de Jésus n' est pas simplement question d' information, de dogme ou d' exégèse des Ecritures. Il ne s' agit pas d' avoir la bonne réponse à donner aux gens qui s' interrogent sur Jésus ou de trouver dans la Bible ce qui est dit sur Lui. C' est une question de vie! Tout ce que l' histoire, l' Ecriture ou le dogme nous disent sur la Personne de Jésus, nous ne le faisons nôtre que si nous acceptons d' entrer dans le chemin qui a été le sien" (Cardinal André-Vingt-Trois. Homélie du 20 juin 2012 à Notre Dame de Paris).

- Enfin, portons notre troisième regard sur Dieu : Il est le Saint-Esprit, Il est à la fois cette Ombre "lumineuse" qui a recouverte et fécondée la Vierge Marie et ce Feu qui a embrasé d' un courage nouveau les Saints Apôtres, au jour de la Pentecôte; Il est aussi cet Elan et cette Energie nouvelle qui, depuis 2000 ans, touche des hommes et des femmes et fait jaillir en eux la Foi, la Charité, la Bonté envers les autres, l' action empressée pour ceux qui sont faibles et nécessiteux, la grâce du Pardon offert aux bourreaux et aux persécuteurs. Si nous voulons "voir" l' Esprit de Dieu à l' oeuvre dans le coeur humain, il suffit de regarder les Saints de l' Eglise qui, de Saint Etienne à Saint Maximilien Kolbe, de Saint François d' Assise au Bienheureux Jean-Paul II, de Sainte Jeanne d' Arc à la Bienheurese Teresa de Calcutta ont consenti à Son action bienfaisante : oui, dans le coeur des Saints, nous voyons ce courant de Bonté et de Fraternité, ce chemin de Lumière qui contrecarre l' égoïsme et la dureté des hommes. Nous sommes tous, mes frères, appelés à "être dans le vent"! Non pas le "vent des modes et des idéologies du jour" ni même -aussi respectables soient-elles!- des "méthodes pastorales du moment" mais appelés à être dans le Vent de l' Esprit de Dieu -le Saint-Esprit!- qui seul, nous garde vigilants, généreux, bons et inventifs "à l' infini" (disait Saint Vincent de Paul) afin de partager les joies et les souffrances des hommes de ce temps! Chacun de nous a des obligations différentes dans la vie, -des talents et des charismes différents, des états de vie qui ne sont pas semblables les uns aux autres : si nos conditions de vie, notre travail, notre vie familiale, nos relations, nos loisirs -tout ce qui fait le tissu ordinaire de notre vie-, si tout cela est différent pour chacun d' entre nous, c' est le même et unique Esprit qui habite nos coeurs et nous pousse à devenir témoins du Christ dans toutes ces situations! C' est Lui, l' Esprit-Saint, qui soutient et accompagne les chrétiens d' aujourd' hui qui se trouvent en tête de ligne et sur tous les fronts pour défendre "mordicus" la dignité de la vie humaine, la qualité de la vie personnelle et familiale, la protection de la nature, la défense des opprimés, la recherche de la paix, le partage plus équitable des ressources du monde. Ecoutons encore le Pape François : "Nous devrions tous nous demander : comment est-ce que je me laisse guider par le Saint-Esprit de manière que ma vie et mon témoignage de Foi soit d' unité et de communion? Est-ce que je porte la parole de réconciliation et d' Amour qu' est l' Evangile dans les milieux où je vis?... Moi, que fais-je avec ma vie? Est-ce que je fais l' unité autour de moi? Où est ce que je divise, à travers les commérages, les critiques, les jalousies? Que fais-je? Pensons à cela" (Pape François. Audience générale du mercredi 22 mai 2013).

En conclusion, mes frères, je vous le dis ici -et je me le redis à moi-même, pauvre prêtre de Jésus!-, la Foi -notre Foi!- est la chose la plus belle et la plus précieuse que nous possédons, la Foi -notre Foi!-, est le Trésor inépuisable qui nous assure que nous sommes les enfants du Meilleur des pères, que nous sommes les frères du plus Beau des fils, que nous sommes les amis du plus Grand des défenseurs : Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit! Plus encore, en ce jour où nous fêtons nos "mamans", la Foi nous dit aussi que dans le Ciel -et toujours près de nous!-, nous avons une Mère, -la plus Belle et la plus Douce qui soit!-, la Sainte Vierge Marie, Fille du Père, Mère du Fils et Epouse de l' Esprit : nous Lui demandons -à cette Mère chérie à qui nous disons aussi "Bonne fête Maman"!-, de nous aider à ne jamais nous éloigner de Dieu et à faire en sorte qu' Il soit toujours Grand dans notre vie : JE VOUS SALUE, MARIE... Amen.

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 17:13

PAR DECISION DE MONSEIGNEUR MARC AILLET,

MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES-BIDART

EST NOMME DELEGUE EPISCOPAL POUR LA CATECHESE DU DIOCESE;

EN OUTRE, IL RESTE AUMONIER DIOCESAIN DES EQUIPES DU ROSAIRE PAUS-BASQUE-BEARN.

CETTE NOMINATION PRENDRA EFFET A COMPTER DU

1 er SEPTEMBRE 2013.

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 08:03

PENTECOTE :

Vous pourrez lire les homélies prononcées par monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet qui figurent sur ce blog à la date du :

11 juin 2011

27 mai 2012

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