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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 16:32

LE SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG

DU CHRIST. ANNEE C.

DIMANCHE 2 JUIN 2013.

HOMELIE DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES.

"Il est là! Il est là!.

"Qui donc?".

"Jésus!".

"Où ça?".

"Sur l' Autel et dans le Tabernacle!

"Il est là!" : cette exclamation remplie d' Amour jaillissait fréquemment du cœur du Saint Curé d' Ars, -prêtre au cœur de feu!-, parlant de l' Eucharistie, de la Présence de Jésus dans l' Hostie; oui, il ne savait que dire, avec des sanglots dans la voix et les larmes au bord des yeux : "Il est là! Il est là!".

Frères et sœurs, il est bon de nous redire en cette Fête-Dieu que, depuis 2000 ans, les Saints de notre Belle Eglise n' ont jamais remis en question un seul jour ni une seule minute de leur existence, cette Foi envers le Saint-Sacrement de l' Eucharistie; ils ont reconnu et adoré, tout au long des siècles, que dans l' Hostie sacrée se tenait, réellement Présent, Jésus Vivant!

"Il est là! Il est là!" : c' est pour Lui, le Christ Pain de Vie, que les chrétiens ont bravé les interdits, les obstacles, les dangers, pour célébrer Son Repas pascal et recevoir Sa Présence Eucharistique :

- il suffit de penser, ici, à nos frères aînés dans la Foi -les premiers chrétiens des catacombes- obligés de se réunir clandestinement pour célébrer le Sacrifice du Christ : "Il est là!".

- il suffit de penser aux chrétiens qui, dans notre pays, en pleine Terreur, en 1793, n' ont jamais failli -fut-ce au détriment de leur vie-, à la célébration de la Messe : le musée des Beaux-Arts de Rennes possède, à ce sujet, une éloquente peinture aux dimensions impressionnante (1m77 sur 3m50) : on y voit une Messe célébrée en pleine mer : la scène y figure un rassemblement de barques qui, loin de la surveillance des autorités révolutionnaires, encerclent une barque centrale sur laquelle on y voit un prêtre élever la Sainte Hostie durant la Consécration : "Il est là!".

- il suffit de penser aux Messes clandestines qui avaient lieu dans le terrible camp de concentration de Buchenwald : des prêtres à qui on avait arraché leurs soutanes et donné des visages de forçats, environnés d' ennemis de toutes sortes et d' espions, qui disaient, à plat ventre sur la paillasse, des Messes punies de mort, donnaient des absolutions punies de mort, distribuaient des Communions punies de mort : leurs cœurs de prêtres n' ont pas varié -en plein cœur de la pire des cruautés!- et ils ont béni, purifiés, pacifié, distribué l' Espérance et la Foi : "Il est là!". (Cf. H.L.J.P. Mazeaud. Visages dans la tourmente 1939-1945. Albin Michel).

Mes frères, les siècles peuvent défiler, les hommes peuvent changer, les prêtres se succéder les uns aux autres, la Messe que le Christ a voulue, la Messe qui est une "Invention" de Son Amour, est toujours la même, depuis le Jour mémorable où, devant le cœur émerveillé de Ses Apôtres, Notre Seigneur Jésus Christ prit le Pain et le Vin et en fit le Saint-Sacrement de Son Corps livré et de Son Sang versé! La Messe que nous vivons, en cet instant, la Messe de notre enfance, la Messe que célébraient les Apôtres, celle où les martyrs et les Saints ont puisé la force du témoignage et l' ardeur de la Charité est et reste toujours le Grand Mystère de la Foi : "Il est là!" : c' est sûr! C' est certain! C' est vrai! C' est incontournable! Il est là! "Le Christ, Dieu et Homme, Se rend Présent tout entier" avec Sa "Chair qui a souffert pour nos péchés et que le Père a ressuscitée dans Sa Bonté" (Pape Paul VI. Encyclique "Mysterium Fidei" n° 39 ET 44). "Il est là!" : "Nous marchons sur les routes du monde en sachant qu' Il est à nos côtés, soutenus par l' Espérance de pouvoir Le voir un jour à visage découvert dans la rencontre définitive" (Pape Benoit XVI. Homélie du jeudi 7 juin 2007 à Sainte Marie Majeure). "Il est là!" : sur l' Autel -disait à des enfants de Rome, le Pape François_ "ce n' est pas du tout du pain. Qu' est-ce que c' est? C' est le Corps de Jésus. Jésus vient dans notre cœur" (Homélie du dimanche 26 mai 2013 à la paroisse romaine "Saints Elisabeth-et-Zacharie). "Il est là!" : "C' est tellement fort, hors mesure humaine -disait Dom Helder Camara (+ 27 août 1999)-, de voir ainsi descendre le Fils de Dieu entre nos mains, de L' avoir là, sous nos yeux, de Le porter!... Comme c' est beau, la Messe. Comme c' est beau de savoir que ce Pain que je reçois, ce Pain que je donne est vraiment le Seigneur Jésus et est vraiment notre Aliment. Il était déjà en nous comme un Dieu immense. Il est maintenant en nous par Son humanité, en nous donnant Son Corps à manger" (In "L' Evangile avec Dom Helder". Desclée de Brower 2009 pages 180-182).

"Il est là!" : l' admirable Sacrement de l' Eucharistie que Jésus a voulu, institué, créé et "inventé" est pour nous : il n' est pas destiné aux chiens -comme le chantera Saint Thomas d' Aquin- : "Voici le Pain des enfants de Dieu qu' on ne peut donner aux chiens" (Séquence liturgique de la Fête-Dieu) : ce Sacrement -Saint-Sacrement!- est fait pour nous, les hommes, pour nous seuls qui pouvons distinguer et reconnaître en lui le Corps du Christ, Sa Chair crucifiée et Ressuscitée qui ne peut être donnée aux chiens! "Il faut que les choses saintes soient traitées saintement!" martelait le Bienheureux Pape Jean-Paul II (Lettre apostolique du 4 décembre 1988 pour le 25 ème anniversaire de "Sacrosanctum concilium" sur la Sainte liturgie) : "Il faut que les choses saintes soient traitées saintement!". Le Corps du Christ reçu dans la Sainte Communion -et avec quel respect nous devons nous en approcher : que Dieu nous préserve de toute forme de désinvolture routinière!-, le Corps du Christ, nous Le retrouvons ensuite, en sortant de l' église, et, là aussi, il mérite toute notre attention et notre respect. On peut dire que chaque Messe nous "reconnecte" à notre vie de tous les jours et qu' elle nous pousse à la vigilance dans une civilisation qui, sous bien des aspects a instauré -selon les mots du Pape François- une culture du rebut : "Celui qui ne sert pas est mis au rebut, les enfants, les personnes âgées vont au rebut, avec cette euthanasie cachée que l' on utilise, et les plus exclus aussi... Saint Jean Chrysostome le disait clairement : "A quoi sert-il d' orner l' église si tu n' ornes pas le Corps du Christ qui souffre de la faim?" (Pape François. Jeudi 16 mai 2013. Rencontre avec le comité exécutif de Caritas internationalis). En fait, on peut dire ici que chaque Messe doit insuffler en nous et enraciner dans notre cœur une véritable spiritualité de la tendresse qui démontre que pour nous, disciples du Christ, l' homme -quel qu' il soit- vaut plus par ce qu' il est que par ce qu' il possède, que la dignité humaine ne peut jamais être détruite, quelle que soit la situation de misère, de mépris, de rejet, d' impuissance, à laquelle un être humain a été réduit. "Il est là!" : Il est "Présent" dans le frère qui souffre, le frère qui est blessé, affamé, assoiffé, dépouillé, malade, prisonnier (Saint Matthieu 25, 31-46) : hors des sentiers battus, tous ces "pauvres", contre toutes les normes mondaines, partagent la Royauté du Christ et font partie de "Sa Cour" : ils sont "Sa Chair"! Une petite histoire illustre parfaitement cela : alors qu' il allait mourir à l' âge de 39 ans, le grand Blaise Pascal était si malade qu' il ne pouvait plus recevoir la Sainte Communion et avaler l' Hostie sacrée : il demanda alors à son aumônier de faire venir dans sa chambre un mendiant; le prêtre satisfit sa demande : Pascal se leva, donna son propre lit au malade et s' installa dans un fauteuil en disant : "Communier à l' Hostie ou communier à un pauvre c' est la même chose!".

"Il est là!" : "La religion -disait le Pape Jean-Paul II (+ 2 avril 2005)- ordonne nos vies totalement vers Dieu et, en même temps, nos vies doivent être totalement imprégnées de notre relation à Dieu, au point que notre religion devienne notre vie. La religion porte le souci de l' humanité et de tout ce qui appartient à l' humanité, et en même temps elle dirige vers Dieu tout ce qui est humain en nous" (Allocution du 2 février 1986 à Delhi aux représentants des religions et de la culture). C' est bien cela que signifie la procession du Saint-Sacrement : elle manifeste non seulement la Sainte Présence du Christ au milieu de nos villes et villages, de nos rues et de nos maisons mais aussi Son action bienfaisante qui doit passer, désormais, par nous qui sommes aussi des "Christophores", des "Porte-Christ" à l' image de l' ostensoir : ce qui doit toujours "ressortir" de nous, ce qui doit transparaître et rayonner c' est bien les trois grandes vertus de Foi, d' Espérance et de Charité! Il faut relire ici, mes frères, le Concile Vatican II : "Vos activités, vos prières, vos entreprises apostoliques, votre vie conjugale et familiale, vos labeurs quotidiens, vos détentes d' esprit et de corps, s' ils sont vécus dans l' Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie... tout cela devient "offrandes spirituelles, agréables à Dieu" (1 Pierre 2, 5)... C' est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d' adoration" (Lumen gentium n° 34). On peut dire ici, qu' à la suite du Christ multipliant les pains, nous sommes invités constamment, d' une Eucharistie à l' autre, à "multiplier" les gestes d' Amour et de Tendresse : "Dans l' Eucharistie, le Seigneur nous fait parcourir Sa voie, celle du service, du partage, du don, et ce peu que nous avons, ce peu que nous sommes, s' il est partagé, devient richesse, car la Puissance de Dieu, qui est celle de l' Amour, descend dans notre pauvreté pour la transformer" (Pape François. Homélie du jeudi 30 mai 2013 pour la Fête-Dieu. Basilique Saint Jean-de-Latran) : Mère Teresa de Calcutta (+ 5 septembre 1997) le disait à sa manière : "Mettons nos mains, nos yeux, notre cœur, à la disposition du Christ, pour qu' Il puisse agir".

Frères et sœurs, la Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, n' est pas là que pour un seul jour de l' année liturgique. Chacune de nos Messes bien vécues et célébrées, chacune de nos Communion reçues dans la Foi, chacune de nos adorations sont destinées à être de véritables "Fête-Dieu" qui laisseront jaillir de nos cœurs et de nos yeux éblouis et ébahis, ce cri d' Amour et de Joie qui récapitule le Mystère de la Foi :

"Il est là! Il est là! Il est là!".

Amen.

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