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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 07:49

27 ème Dimanche du temps ordinaire. Année A.

 

SAINT EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON MATTHIEU 21, 33-43.

 

Homélie de monseigneur Pierre Molères,

évêque émérite de Bayonne,

prononcée le

6 octobre 1996 à Artix.

 

"Tuons-le. Tuons l' héritier. Tuons Dieu".

Ce cri traverse l' épaisseur de l' Histoire et celle de nos vies, de chacune de nos vies.

Car elle est constante et diverse la tendance humaine à éliminer Dieu.

La Parole de Dieu nous rejoint aujourd' hui, en ce temps de vendanges, pour nous

apprendre, dans un tel contexte de mort à porter des fruits de vie.

Qu' en est-il d' abord de ce contexte?

Il y a deux façons de tuer Dieu, de prendre le relais des vignerons homicides.

La première, c' est de reléguer Dieu dans trois cages :

+ Relégation dans la cage du passé : Dieu, c' est une histoire du passé qui n' a rien

à voir avec mon présent.

+ Relégation de Dieu dans la cage de l' idée : Dieu est une idée, un concept, une abstraction

qui n' a pas de poids, de densité et de couleur, à côté des réalités qui

colorent et motivent mon existence.

+ Relégation de Dieu dans la sphère du privé. Dieu est en moi, c' est mon affaire qui

ne doit pas dépasser le champ clos, le jardin secret de la conscience individuelle.

Il s' agit d' être neutre et muet; sous prétexte de tolérance, et de droit à la différence,

on se défend de tout témoignage, on s' interdit de participer au grand jour aux expressions

collectives de la Foi et de prendre au sérieux les conséquences publiques de

la Foi personnelle.

Telle est une façon de tuer Dieu : Le reléguer dans le passé, dans l' abstraction, dans le privé.

Il y a une deuxième façon de faire disparaître Dieu dans sa vie :

c' est de Le remplacer...

Par le culte du moi : je suis mon propre Dieu à moi, et je me fabrique un Dieu à ma façon,

une religion à la mesure de mes aises, de mes désirs et de mes ambitions...

L' homme sûr de lui, de ses succès, de ses revenus, mais jaloux de la réussite des autres,

traîne sa désillusion et son vide.

On peut encore remplacer Dieu par l' objet, la profusion de gadgets et de biens de

consommation... Bref, voilà comment des hommes et des sociétés peuvent encore tuer Dieu,

soit en Le reléguant soit en Le remplaçant.

QUE S' AGIT-IL DE FAIRE POUR PORTER DES FRUITS DE VIE?

Il s' agit d' abord d' accueillir Dieu comme Il est : Celui que nous révèle la Parole de Dieu

aujourd' hui, avec ses caractéristiques toujours actuelles.

D' abord le Dieu de la sollicitude pour l' homme. Ce âître de la vigne n' en finit pas de chérir

sa vigne, de s' en occuper avec beaucoup de précaution. Merveilleux poème d' Isaïe qui

chante l' Amour de Dieu pour Israël sa vigne, mais aussi pour l' Humanité des hommes

créés à Son Image.

Puis nous est présenté le Dieu de la déception; le Maître de la vigne est déçu par

l' homme et sa déception est à la mesure même de sa confiance.

"Il en attendait de belles grappes; il n' en eut que des débris!".

Dieu déçu par les hommes aux actes rendus stériles par leur péché.

Déception signe d' un Amour qui ne peut croire en de telles carences et de tels refus.

D' où l' opiniâtreté de ce Dieu qui revient à la charge... Le Père envoie Son Fils.

Nous savons la fin de l' Histoire : cet envoyé si obéissant et si aimant irrita ceux-là mêmes

qu' il était venu sauver. Son humilité le fit prendre en grippe.

Il fut jeté, rejeté, condamné, crucifié.

Mais c' est là précisément que le renversement inattendu de situations se fit :

"La pierre qu' ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d' angle".

La pierre est devenue graine, puis épi, puis moisson, puis nourriture...

Porter des fruits, c' est déchaîner son coeur, c' est l' ouvrir en vraie tendresse

 pour l' homme blessé, comme celui du Coeur du Christ ouvert par la lance...

En tuant l' Homme-Dieu, les meurtriers d' alors crurent se laver les mains, comme

Pilate, d' une affaire qui les embarassait. Ce faisant, ils se privaient d' un Sauveur, et

condamnaient l' Homme à se retrouver dans sa condition mortele et pécheresse.

La crise d' aujourd' hui n' a pas d' autre motif.

On veut la réduire à ses aspects économiques.

Elle est, fondamentalement, spirituelle et nihiliste.

TUER DIEU, C' EST ANEANTIR L' HOMME". 

 

 

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La crise d' aujourd' hui

est, fondamentalement,

spirituelle et nihiliste.

Tuer Dieu,

c' est anéantir l' homme!".

Monseigneur Pierre Molères.

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