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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 19:14

     QUATRIEME DIMANCHE ORDINAIRE. ANNEE C.

 

 

SAINT EVANGILE DE JESUS CHRIST

SELON SAINT LUC 4, 21-30.

 

Jesus-Of-Nazareth-John-The-Baptist-his-Followers-jesus-of-n.jpg 

 

"Au diable la tiédeur!

Vive la Ferveur!

La Charité ne passera jamais!".

 

Homélie de monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet,

curé de la paroisse saint Joseph des Falaises-Bidart.

 

L' Evangile de ce jour, mes bien chers frères, nous découvre Notre Seigneur Jésus Christ

en butte à la contradiction, à l' opposition violente et furieuse de Ses compatriotes qui trouvent

la Parole de Jésus "insupportable" et veulent donc Le faire taire d' une manière définitive; ils

attentent même à la Vie du Seigneur puisque -souligne Saint Luc-, ils Le conduisent "extra

civitatem", hors de la ville, afin de Le précipiter en bas de la colline : déjà la Croix se profile

à l' horizon pour Jésus : le moment venu, ils reviendront pour Le conduire "extra civitatem",

hors des remparts de Jérusalem, pour Le crucifier à la vue de tout le monde, en haut d' une

autre colline; "extra civitatem", comme on avait coutume de conduire les condamnés à la

peine capitale; "extra civitatem", comme on exigeait des lépreux et des malades contagieux

qu' ils se tinssent hors de la ville et de tout contact humain! "Oui -pensent les ennemis de

Jésus-, Il ne perd rien pour attendre! Nous aurons Sa "peau"! Nous finirons par Lui "clouer

le bec" à ce jeune charpentier de Nazareth! Pour l' instant, la partie n' est que remise!".

Pourquoi ce revirement de situation : dans un premier temps, les gens se sont enthousiasmés

à écouter Jésus et voilà que maintenant ils "virent de bord" : qu' est-ce qui a mis le feu aux poudres?

En fait, les Nazaréens auraient voulu des sensations fortes : or Jésus demande leur conversion!

Ils auraient voulu du spectaculaire, de l' extraordinaire : or Jésus leur demande l' effort quotidien de

changer! Alors ils se disent : "De quoi Se mêle-t-Il? Il ne va pas venir nous "faire la leçon"!

N' est-Il pas le fils de Joseph? Sur quoi appuie-t-Il Ses prétentions? On raconte beaucoup de

choses à Capharnaüm, mais nous, ici, nous n' avons vu aucun signe!". Ce qui augmente leur 

    rancoeur et leur colère "meurtrière", c' est qu' en plus, Jésus Se présente sous le patronage des

prophètes Elie et Elisée qui -dans l' Ancienne Alliance- se sont adressés à des étrangers, des

gens du "dehors", des gens sans importance -la veuve de Sarepta- ou infréquentables -Naaman le

lépreux syrien, qui se sont montrés accueillants et confiants! 

Jésus leur révèle -ainsi qu' à nous tous!- que le Salut de Dieu n' est pas réservé à

quelques privilégiés, que le Salut n' a pas de frontières, qu' il est plus vaste que nos petits horizons

qui sont souvent restrictifs, qu' il est plus large que nos étroitesses d' esprit qui ont tôt fait de se

transformer en exclusion ou sectarisme!

Comme le Christ a dû avoir le Coeur "lourd" et triste devant tant de mépris de la part de Ses "frères"!

Comme le Christ a le Coeur "lourd" et triste devant nos duretés et nos fermetures de toutes sortes!

Depuis longtemps, sans doute, nous sommes les "compagnons" du Christ, mais ne laissons-nous

pas s' estomper dans notre intelligence et notre coeur le Mystère de Sa Personne? 

Cet Evangile, frères et soeurs, nous interroge tous, en ce jour :

n' avons-nous pas nos manières de mettre Jésus "extra civitatem", en dehors de la ville?

Tant que l' Evangile ne nous "bouscule" pas, tant qu' il nous "carresse dans le sens du poil",

tant que l' Evangile ne nous provoque pas "de démangeaisons", tout va bien : on continue de

"ronronner" dans son coin, dans sa paroisse, dans son groupe, dans son association...

Nous aussi, il peut nous arriver de mettre Dieu "à l' écart" de nos familles, de nos maisons, de

nos lieux de travail ou de loisirs, de nos décisions importantes. Certes, nous venons Le rencontrer

chaque dimanche, écouter Sa Parole, Le recevoir dans l' Eucharistie mais après, que faisons-nous

du Don reçu, que faisons-nous de cette rencontre dominicale?

Jésus nous demande d' être Ses disciples, d' être "chrétiens" 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

    Au diable la tiédeur!

Vive la ferveur!

La Charité ne passera jamais!.

L' Evangile d' aujourd' hui nous provoque, il veut nous sortir de la torpeur, de la routine,

 de l' indifférence, de la tentation de nous accomoder des "modes" du moment et des moeurs de

notre temps! Baptisés de longue date, "habitués au Christ", nous vivons une Foi tranquille, une Foi

qui ne veut pas "faire de vagues", une Foi peu compromettante! Saint Paul amplifie l' Appel de

Jésus : il ne faut pas que ça "sonne creux" : rien ne peut remplacer la Charité! Rien au monde ne peut

remplacer la Charité qui doit produire en nous Bonté, Douceur, Amabilité, Serviabilité, Joie, Paix,

Compassion et Patience!

"Nous savons bien -c' est notre expérience- qu' il est possible de mener une vie médiocre :

médiocre dans l' attention à Dieu, médiocre dans le dévouement aux autres, marquée par l' égoïste

retour sur nous-mêmes. Nous savons aussi -c' est encore notre expérience- que notre vie peut

être atteinte, souillée, marquée par le péché, le refus de l' Evangile, le "non" à Dieu. Si le Salut venait

de nous, s' il jaillissait de notre excellence morale, ah, oui! nous pourrions perdre coeur. Mais

Jésus, Fils de Marie, porte, enlève le péché du monde. Il n' est de délivrance qu' en Lui".

(Monseigneur Jean-Paul Vincent, évêque de Bayonne -(+ 1 er février 1994)- Homélie prononcée

le 15 août 1972 au Puy-en-Velay). 

Frères et soeurs, dans ce monde si largement incrédule, qui semble "vivre comme si Dieu n' était pas",

comme s' il n' y avait que cette terre, "n' avons-nous pas à être des prophètes... pas dans l' exceptionnel,

mais dans le quotidien... en prenant la "cause de Dieu", en prenant la parole "pour Dieu" (le mot prophète

en grec vient de "pro-phèmi" qui veut dire : "je parle pour...)".

(Noël Quesson. Parole de Dieu pour chaque dimanche. Droguet et Ardant 1983 page 163).

Le Père Chevignard, dominicain, disait : "Les grands transports peuvent être trompeurs,

mais l' accomplissement,avec beaucoup d' Amour, de la Volonté quotidienne de Dieu ne trompe pas...

Ce qui compte, ce n' est pas de trouver une route extraordinaire, c' est d' aimer celle que Dieu

nous destine, et d' y être dans Ses Mains avec une parfaite docilité...

Le Feu dont nous devons être brûlés, c' est celui-là même qui a brûlé le Coeur du Christ,

c' est un Feu qui n' est pas de la terre, un Feu qui vient de Dieu. C' est le Feu de Son Esprit d' Amour

en qui nous avons été baptisés. C' est la Volonté de Dieu que quelque chose brûle en nous". 

Allez, mes frères, prions pour que le Feu prenne en nous! Pour qu' il continue jusqu' au terme de

notre route terrestre à brûler, à s' amplifier, à se propager :

    Au diable la tiédeur!

Vive la ferveur!

La Charité ne passera jamais : 

"Ce qui demeure aujourd' hui, c' est la Foi, l' Espérance et la Charité;

mais la plus grande des trois, c' est la Charité".

Amen.    

Prédication : Abbé Hayet, 27 janvier 2013. 

 

 

"Que chacun lance son courage dans la tâche confiée.

C' est là le plus haut témoignage de fidélité

que tout enfant de Dieu,

asservi à sa propre faiblesse,

captif de la sagesse du Christ et

passionné de Sa Passion,

puisse adresser au Créateur et, par ricochet,

au monde qui frissonne... de fièvre et de froid".

 

 

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

"Au diable la tiédeur"

Editions Robert Laffont 2012

page 191. 

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