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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 08:56

QUATORZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE. ANNEE B.

 

SAINT EVANGILE DE JESUS CHRIST SELON MARC 6, 1-6.

 

L' étonnement et l' assouplissement :

voilà les deux grâces à demander

nous qui sommes les frères et soeurs

du Christ-Jésus! 

 

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Homélie de monsieur l' abbé Jean-Bernard Hayet,

curé de la paroisse saint Joseph des Falaises-Bidart. 

 

La grâce de l' étonnement et la grâce de l' assouplissement : telles sont les deux grâces

que nous pourrions tous solliciter, mes frères, en ce jour, après avoir entendu les textes sacrés! 

Beaucoup parmi nous ont déjà fait l' expérience de chercher, pendant des heures, quelque chose

qu' en fait nous avions sous les yeux ou à portée de mains, sans les voir! Combien de fois, à force

de vivre quotidiennement aux côtés de nos proches, ne les voyons-nous plus, ne les remarquons-nous

plus? Ils font tellement partie de notre "paysage"! De fait, ce qui est le plus près de nous est parfois le

moins visible! Il nous arrive aussi d' enfermer les autres dans des étiquettes qui fichent et qui figent : nous

crions alors à l' impossible : rien ne changera jamais : "Un tel, une telle, je les connais comme si je

les avais faits!". Influencés par la rumeur, les réputations toutes faites, il nous arrive de réduire l' autre

à un comportement, sans lui permettre de changer, d' évoluer, de progresser : pour nous la "cause" est

entendue, il n' y a pas à y revenir, nous avons fait le "tour de la question" une fois pour toutes!

Nous restons alors, mes frères, pétrifiés dans nos us et nos usages, nos manières de penser, d' agir, de

regarder, d' envisager les choses! Le Bienheureux Pape Jean XXIII disait : "Chaque personne est

comme un dé, elle peut bien avoir cinq faces négatives, il y en a toujours une sixième qui, elle, est

positive. Si vous ne l' avez pas encore trouvée, jetez le dé à nouveau et recommencez jusqu' à ce que

le côté positif apparaisse". Si nous voulons apprécier les autres, peut-être nous faut-il nous concentrer

sur leur qualités plutôt que sur leurs défauts? Peut-être nous faut-il lancer et relancer le dé jusqu' à ce

que le positif surgisse? Cela demande de la patience...

L' Evangile de Saint Marc nous rapporte, en ce jour, semblable mésaventure. Jésus est dans "Son" pays, 

au milieu des Siens, de Ses intimes, de Ses amis et voisins, de ceux qui devraient tout savoir de Lui, de

ceux qui pensent Le connaître "à fond" : "N' est-Il pas le charpentier, le Fils de Marie?".

L' étonnement que suscitent, dans son village, les paroles et les actes de Jésus, n' est pas un étonnement

"d' admiration" qui leur fait découvrir en Lui une dimension qu' ils ignoraient jusque-là; non! C' est un

étonnement de "suspicion" : ils ne veulent pas se remettre enquestion et se laisser "interpeller" comme

on dirait aujourd' hui, par le jeune prophète de Nazareth! Ils sont choqués car ce qu' ils voient et entendent

de Jésus ne correspond pas à l' image qu' ils se sont faite de Lui : pour eux, Jésus est "ordinaire" : tout le

monde connaît Son métier, Sa Mère, Sa parenté! Et pourtant : Il enseigne comme personne n' a enseigné

et Il accomplit des miracles : Il n' est donc pas si "ordinaire" que cela! Ses compatriotes en viennent à penser :

"S' Il n' était pas de chez nous nous croirions en Lui! Mais on Le connaît bien : Il n' a rien à nous apprendre!

De plus nous connaissons aussi Ses frères et Ses soeurs!". 

Précisons ici, mes frères, brièvement qu' il suffit de franchir la Méditerranée pour comprendre que dans un

grand nombre de pays et de langues, les mots "frère" et "soeur" ont un sens beaucoup plus large qu' en

français! Dans le langage biblique (le grec ou l' hébreu) le mot "frère", "soeur" est employé tantôt dans un

sens strict, tantôt dans un sens beaucoup plus large, pour désigner non-seulement les demi-frères

 (Genèse 37, 15) mais aussi les neveux (Genèse 13, 8), les cousins germains (Chroniques 23, 21), les

cousins les plus éloignés (Lévitique 10, 4) et même les parents en général (2 Rois 10, 13). Dans l' Evangile

de ce jour, nous entendons ces mots au sens large et non pas au sens strict : autrement dit, pour la Tradition

Catholique, la Sainte Vierge Marie n' a pas eu d' autre Enfant que Jésus ni d' ailleurs Saint Joseph qui fut pour

Jésus un "bon père" nourricier et protecteur! D' ailleurs, comment se ferait-il que Jésus, sur le point de mourir,

ait confié Sa Sainte Mère à Saint Jean (19, 26-27) s' Il avait laissé derrière Lui des frères et soeurs qui auraient

été plus à même de prendre chez eux leur mère? Des frères et soeurs? Jésus, depuis 2000 ans, en a eu des

multitudes, cela personne ne peut en douter : il suffit de L' écouter nous dire : 

"Celui qui fait la Volonté de Mon Père qui est aux Cieux,

celui-là est pour Moi un frère, une soeur, une mère!". (Saint Matthieu 12, 50).

Ne jugeons pas trop vite les siens qui n' ont pas reçu Jésus et exprimé une certaine retenue, des réserves à

son sujet (Saint Jean 1, 11) : nous qui sommes les siens, L' avons-nous vraiment reçu? Restons-nous

véritablement fascinés, "chamboulés" par Lui, par Son Evangile, par le fait d' appartenir à Son Eglise?

"C' est l' habitude qui damne le monde" constatait Julien Green! "Nous savons que la logique évangélique

est très éloignée de la mentalité commune (qui nous influence tous)... Si le livre des Evangiles pouvait

parler, il se plaindrait sans doute de la solitude où il est relégué; et il pourrait nous reprocher toutes les

fois où nous le mettons de côté, en ne lui permettant pas de nous parler et d' agir".

(Monseigneur Vincenzo Paglia. La Parole de Dieu chaque jour. Parole et Silence 2009 page 355).

"Mes fils ont le visage dur et le coeur obstiné" : telle est, mes frères, la plainte que Dieu adressait à Son

prophète Ezéchiel, dans la première lecture : les choses n' ont guère changées!  Ce visage dur, ce coeur

obstiné et sans pitié, c' est le mien, le vôtre, ce sont nos visages et nos coeurs! Plus nous nous approchons

de l' Evangile pour le laisser nous parler et nous imprégner, moins nous avons le visage dur et hautain, le

coeur obstiné, fermé, sec et sectaire : tel est le secret! Plus nous lirons et méditerons l' Evangile, plus nous

le laisserons irriguer et assainir notre coeur et notre âme et moins nous serons raides avec les autres, 

davantage compréhensifs et compatissants sans tomber dans un laxisme outrancier! En un mot, notre

coeur ressemblera davantage au Coeur du Christ, Doux et Humble!

"Il s' étonna de leur manque de Foi" : Jésus a dû aussi "souffrir" de se voir incompris et rejeté!

Puisse le Seigneur ne pas s' étonner de notre manque de Foi!

Demandons-Lui la Grâce de la Foi, de l' étonnement et de l' assouplissement!

Demandons-Lui de nous renouveler en nous donnant pour Lui un Amour plus profond et enflammé

comme l' exprimait Origène (vers 185-253) -(Les Pères de l' Eglise commentent l' Evangile- Editions

Brepols page 393) :

"Comme il serait bon que notre Assemblée regardât Jésus avec les yeux, non du corps mais de l' âme! 

Lorsque, en effet, nous tournerons vers Lui notre regard, Sa Lumière et Sa contemplation rendront nos

visages plus lumineux et nous pourrons dire :

Sur nous, Seigneur, la Lumière de Ton Visage a laissé Ton empreinte!".

O Seigneur,

accorde-nous la Grâce d' un coeur souple pour nos frères!

O Seigneur,

accorde-nous de rester toujours étonnés, émerveillés, enthousiasmés par ce que

Tu es pour tous et pour toujours :

le Dieu fait Homme,

L' Amour fait Chair,

notre plus grande Joie,

ici, sur terre, et demain, dans le Ciel!

Amen. 

 

Abbé Hayet, le 13 septembre 2009. 

 

 

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