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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:59

DIXIEME DIMANCHE ORDINAIRE. ANNE C.

Evangile selon Saint Luc 7, 11-17.

HOMELIE DU DIMANCHE 9 JUIN 2013

DE MONSIEUR L' ABBE JEAN-BERNARD HAYET,

CURE DE LA PAROISSE SAINT JOSEPH DES FALAISES-BIDART.

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : comme il a raison, mes frères, l' Apôtre Saint Paul, de nous adresser ce rappel salutaire (Galates 1, 11-19).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : le Christianisme, n' est pas une invention humaine : il nous vient de beaucoup plus grand et de beaucoup plus "Haut" que nous, il nous vient du Ciel! L' Evangile, c' est quelqu' Un, c' est une Personne, c' est Dieu qui, un Jour du temps, a pris Chair de notre chair, c' est Dieu qui a vécu notre condition humaine en passant par tous les stades que, grosso modo, nous connaissons tous : Il y est né, Il a grandi dans une Famille normale -constituée d' une femme et d' un homme -selon ce que Dieu a voulu depuis toujours dans Son Projet pour l' humanité (Genèse 2, 24), Il a travaillé de Ses Mains, Il a partagé les joies et les peines de Ses proches, Il a vécu de belles et solides amitiés, Il a éprouvé la douleur d' être trahi lamentablement, d' être torturé affreusement et de mourir tragiquement, en pleine force de l' âge, à 33 ans quand Il rendit Son "Souffle" au Père du Ciel devant Sa Mère -Marie!-, dont le Cœur fut transpercé d' une douleur sans nom!

On comprend, dès lors, pour revenir à l' Evangile de ce jour, que Notre Seigneur Jésus Christ, fut "saisi de pitié" en voyant cette mère, cette maman au cœur brisé : son fils, son "tout-petit", chair de sa chair, n' est plus! Son fils unique, son fils chéri dont elle avait entrevu l' avenir : il se marierait, il aurait des enfants, la famille s' agrandirait, elle deviendrait grand-mère... Las! La mort est survenue et a fait son œuvre : l' Espérance s' est éteinte dans le cœur "crucifié de douleur" de cette pauvre femme : "A quoi bon continuer à vivre? Tout s' écroule : normalement ce sont les enfants qui enterrent leurs parents et moi, voici, que je dois ensevelir le fruit de mes entrailles : il n' y a plus rien à espérer ni à attendre!". Cela me rappelle une poésie apprise dans mon enfance : "La biche brame au clair de lune et pleure à se fondre les yeux : son petit faon délicieux a disparu dans la nuit brune" (Maurice Rollinat).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine! " : en plein cœur de la souffrance, c' était sans compter sur la venue d' un Homme, jeune lui aussi, fils unique d' une mère -Marie!-, une mère qui tient à Lui comme à la prunelle de Ses yeux : voici Jésus, voici le Prince de la Vie, voici le Véritable et Unique Seigneur du monde, voici le Seul qui est capable de dire efficacement à un mort : "Je te l' ordonne, lève-toi!" : adieu les larmes et place à la joie! Fini le deuil et place à la danse! Aux orties les habits funèbres et place aux vêtements de fête! (Psaume 29).

Toi, chrétien, sois sûr et certain de cela -selon les mots de Charles Péguy- :

"Jésus n' est pas venu te dire des fariboles!

Jésus n' a pas fait le voyage -du Ciel à la terre et de la terre au Ciel- pour te conter des amusettes, des blagues ou des devinettes!" (Le porche du mystère de la deuxième vertu. Œuvres poétiques complètes. Gallimard 1975 pages 587 et suivantes). Oui, Jésus n' est pas venu nous raconter des "histoires à dormir debout", Il est venu pour que nous ayons la Vie en abondance : "Amen, amen, Je vous le dis : l' heure vient -et c' est maintenant- où les morts vont entendre la Voix du Fils de Dieu, et ceux qui l' auront entendue vivront" (Saint Jean 5, 25-28).

Frères et sœurs, dans un moment, nous allons proclamer notre Foi, la Foi bimillénaire de toute l' Eglise :

"Je crois en la résurrection de la chair!

Je crois à la Vie éternelle!"

Est-ce si sûr? Mesurons-nous ce que nous disons? Y croyons-nous véritablement?

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : avec la Venue de Jésus sur notre terre, avec Sa mort et Sa Résurrection, le monde a atteint sa destination finale : "Malgré toutes les misères, les injustices, les monstruosités, présentes sur terre, l' ordre du monde définitif a déjà commencé en Lui. Ce que nous voyons de nos yeux peut nous suggérer le contraire, mais le mal et la mort sont en réalité battus à jamais. Leurs sources sont asséchées... Une chose surtout paraît différente, vue avec les yeux de la Foi : la mort. Le Christ est entré dans la mort comme on entre dans une sombre prison; mais Il en est sorti en passant par l' autre mur... Il a ouvert une brèche vers la Vie que personne ne pourra refermer, et par laquelle tous peuvent Le suivre. La mort n' est plus un mur contre lequel se brise toute espérance humaine; elle est devenue un pont vers l' Eternité. Un "pont des soupirs", peut-être parce que personne n' aime mourir, mais un pont, non plus un abîme qui avale tout" (Père Raniero Cantalamessa. Homélie du Vendredi-Saint 29 mars 2013 à Saint Pierre de Rome).

Disons-le tout de go et sans ambages : si vous ne croyez pas à la Résurrection, vous n' êtes pas chrétiens, vous n' avez pas grand-chose à faire dans une église chaque Dimanche; si vous vous dites chrétiens en jetant "aux orties" la Foi en la Vie éternelle, la Foi en la résurrection de la chair, vous êtes les plus malheureux des hommes -comme le dit Saint Paul (1 Corinthiens 15, 12-19)- et mieux vaut profiter de la vie, quitte à faire n' importe quoi, plutôt que de vous croire obligés de venir à l' Eucharistie! C' est bien parce que le Christ est Ressuscité que l' Eglise ne cesse d' affirmer la grandeur et la haute dignité de tout homme dans son corps et dans son esprit : "C' est à cette lumière... que les chrétiens sont des chantres de la grandeur de tout homme, des défenseurs de sa dignité. C ' est à partir de là que l' Eglise proclame la dignité de l' embryon humain, qui mérite les marques de respect dues à une personne humaine... à partir de là qu' on ne peut faire du corps de chair, comme dans le prix de la gestation pour autrui, une marchandise négociée ici et produite là-bas, au gré des désirs des uns et des besoins des autres... à partir de là que le respect de l' unité du corps et de l' esprit ne s' accommode ni de pratiques échangistes ni de la prostitution... à partir de là que la peine de mort est dénoncée comme un acte immoral et que la torture ne saurait être justifiée" (Monseigneur Georges Pontiers, archevêque de Marseille).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : comme nous avons intérêt, mes frères, à regarder nos aînés dans la Foi qui ont su "regarder" la mort en face, avec courage et Foi : ils n' ont pas douté un seul instant que "mourir ce n' est pas finir, ils n' ont pas hésité à voir la mort comme un passage et même comme une amie : "Loué sois-Tu, mon Seigneur -s' exclamait Saint François d' Assise (+ 3 octobre 1226)- pour notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper!".

Entendez-les, mes frères, tous ces amis de Dieu, parler de la mort et de leur Espérance :

- Saint Louis de Gonzague (+ 21 juin 1591), 11 jours avant de s' éteindre à l' âge de 23 ans, écrivant à sa mère : "Notre séparation ne sera pas longue; nous nous reverrons au Ciel et, réunis pour ne plus nous séparer, nous jouirons de notre Rédempteur, nous Le louerons de toutes nos forces et nous chanterons éternellement Ses Miséricordes infinies".

- La jeune carmélite de Lisieux, Sainte Thérèse (+ 30 septembre 1897) morte à 24 ans : "Je ne meurs pas, j' entre dans la Vie!".

- Jacques Fesch, guillotiné le 1 er octobre 1957, après avoir tué un policier : un mois avant son exécution -et après être revenu au Christ par une fulgurante conversion- il écrira à sa famille : "Celui qui s' abandonne à Dieu, ce n' est pas un cœur de chair qu' il a dans la poitrine mais un globe de feu!".

- Le Bienheureux Pape Jean XXIII ( + 3 juin 1963), miné par un cancer, qui, à l' âge de 81 ans, consolait ceux qui pleuraient à son chevet avec ces mots : "Tous les jours sont bons pour vivre et tous aussi sont bons pour mourir. Pour moi, les valises sont prêtes... Ne pleurez pas, c' est l' heure de la Joie!".

- Marthe Robin (+ 6 février 1981), fondatrice des "Foyers de Charité", était convaincue que : "La mort, c' est la grâce des grâces, le couronnement de notre vie chrétienne. Quand je pense à elle, je me dis : "Tant mieux, bientôt j' irai voir le Bon Dieu".

- Enfin, Dom Helder Camara (+ 27 août 1999), ancien archevêque de Recife, au Brésil : "Il y a des personnes qui se demandent : mais comment la Résurrection sera-t-elle possible? Comment va-t-elle se passer? Un Ange va sonner de la trompette dans les cimetières?... Un jour, quand le Seigneur le voudra, cet esprit de vie reprendra forme, reprendra corps, d' une manière que nous ne pouvons imaginer, pas plus que le nouveau-né ne peut imaginer le corps de ses vingt ans. Mais nous nous reconnaîtrons! L' Eternité serait inacceptable, invraisemblable, si après nous être connus, reconnus et aimés sur cette terre, nous ne devions plus nous connaître, reconnaître et aimer sur la terre nouvelle, dans le nouveau Ciel!" (In "L' Evangile avec Dom Helder. Desclée de Brower 2009 page 177).

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!" : quand nous nous regardons vivre, les uns et les autres, quand nous regardons le monde dans lequel nous sommes, avec ses complexités, ses défaillances et ses déficiences, avec les courants qui le traversent, on a l' impression parfois, à des degrés divers, que l' homme prend plaisir à "inquiéter et à faire pourrir l' Espérance" (Henri Lafourcade). Heureusement que le Christ est là, aujourd' hui et jusqu' à la fin des temps, Il est là avec Son Evangile qui, pour ceux qui veulent bien l' accueillir, est une Parole Vivante qui fait ressurgir la vie, qui redonne l' énergie à ceux qui l' ont perdue, qui créé un cœur nouveau pour ceux qui ont un cœur de pierre, qui offre une immense Fraternité -l' Eglise!- qui rassemble des frères et sœurs de partout, une Eglise dans laquelle -je me le redis ici, avec vous, selon les mots du Pape Benoit XVI-, une Eglise dans laquelle "nous trouvons tout ce qui est bon, tout ce qui est motif de certitude et de réconfort!" (Pape Benoit XVI. Discours du 12 mai 2007 au sanctuaire d' Aparecida au Brésil).

Frères et sœurs, il nous faut tenir fermes dans la Foi, revenir sans cesse au Christ et à Sa Parole, dans un monde qui ne sait plus ou ne veut plus "regarder la mort en face", un monde qui fait tout pour la masquer, l' occulter ou l' accélérer à grands renforts de coktails lytiques : un peu de dolosal, de lagarctyl, de phenargan, une "pincée" de chlorure de potassium et hop! vous vous retrouvez de "l' autre côté", "ad patres" : le "tour est joué" : un lit d' hôpital est libéré : "Au patient suivant!".

Il nous faut TENIR FERMES DANS LA FOI AU CHRIST RESSUSCITE : certes, un jour, notre pèlerinage terrestre prendra fin : nous laisserons cette "vieille carcasse" dont nous prenons tant de soins, nous laisserons nos biens, nos maisons, nos avoirs de toutes sortes, nous quitterons -pour un temps!- les êtres aimés et aussi ceux que nous aimions moins ou pas du tout; un jour, à l' heure que nous ignorons, nous serons portés là où il faudra qu' on nous dépose : mais ce jour-là -et c' est la certitude sereine que nous offre l' Evangile de ce jour-, ce jour-là, aux portes de la Vie, nous croiserons les pas de Celui qui est la Route : le "Jésus de Naïm", le "Jésus de toujours", le Christ Eternellement Jeune et Beau qui nous dira : "Je te l' ordonne, lève-toi! Relève-toi d' entre les morts!". Et nous bondirons, à Son appel, vers la Joie sans fin et nous passerons, par-delà la mort, de la vie à la Vie : telle est notre Foi, mes frères!

Une Foi qui est vraie!

Une Foi qui est sûre!

Une Foi qui est certaine!

Oui, en vérité, je vous le dis et je me le dis :

"L' Evangile... n' est pas une invention humaine!".

Amen.

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